🌍 Déclic Climatique
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🦋 Érosion de la biodiversité

Dépassée, risque élevé

La disparition massive et accélérée d'espèces animales et végétales fragilise les écosystèmes dont dépendent notre alimentation, nos sols et notre santé.

📉 L'effondrement des populations en graphiques

Vertébrés, poissons, saumon, insectes et abeilles depuis 1980

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On parle souvent de la 6ᵉ extinction de masse, mais le plus parlant n'est pas le nombre d'espèces disparues : c'est l'effondrement des effectifs. Beaucoup d'espèces sont toujours là, mais en bien moins grand nombre. Voici les grandes tendances, ramenées sur une même échelle pour pouvoir les comparer.

L'évolution comparée des populations depuis 1980 (base 100) :

02040608010012019801990200020102020Indice, base 100 à l'année de départVertébrés (indice mondial)Populations d'eau douceSaumon atlantique sauvageInsectes terrestresInsectes volants (Allemagne)

Lecture : chaque courbe part de 100 à son année de départ. Une valeur de 35 en 2020 signifie qu'il reste en moyenne 35 individus pour 100 présents en 1980. Ce sont des tendances lissées, reconstruites à partir des taux de déclin publiés (et non des relevés annuels bruts), pour comparer les ordres de grandeur entre groupes. Sources : indice Planète Vivante (WWF/ZSL, 2024) pour les vertébrés et l'eau douce ; ICES/NASCO pour le saumon atlantique ; van Klink et al. (2020) pour les insectes terrestres ; Hallmann et al. (2017) pour les insectes volants des réserves allemandes. Détail des sources en bas de ce volet.

−73 % de vertébrés

Taille moyenne des populations suivies de mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens, entre 1970 et 2020 (près de 35 000 populations, 5 495 espèces).

−85 % en eau douce

Ce sont les milieux les plus touchés, devant le terrestre (−69 %) et le marin (−56 %). Barrages, pollution, drainage et surpêche se cumulent.

Saumon divisé par 2

Le nombre de saumons atlantiques sauvages, avant toute pêche, a chuté de plus de moitié entre 1983 et 2016. Barrages, réchauffement des rivières et mortalité en mer.

−9 % d'insectes par décennie

Sur terre, l'abondance des insectes baisse d'environ 9 % par décennie. Dans certaines réserves allemandes, la biomasse d'insectes volants a chuté de 76 % en 27 ans.

🐝 Le cas des abeilles : attention au contresens

« Les abeilles disparaissent » est l'un des slogans les plus repris, et il est en partie faux. L'abeille domestique (Apis mellifera) est un animal d'élevage : le nombre de ruches dans le monde a augmenté depuis les années 1960, parce que les apiculteurs reconstituent leurs colonies. Ce qui s'effondre vraiment, ce sont les pollinisateurs sauvages : abeilles solitaires, bourdons, syrphes, papillons, dont personne ne reconstitue les populations. Et ce sont eux qui assurent une grande partie de la pollinisation. Multiplier les ruches en ville ne sauve donc pas la biodiversité, ça peut même concurrencer les espèces sauvages pour les ressources en fleurs.

Les données réelles, année par année :

L'indice Planète Vivante mondial (vertébrés), 1970-2020

Source : Our World in Data (WWF et Zoological Society of London, Living Planet Report 2024).

L'indice Planète Vivante par région du monde

Source : Our World in Data , l'Amérique latine et l'Afrique sont les plus touchées.

Part des populations en hausse, stables ou en déclin

Source : Our World in Data , toutes les populations ne baissent pas : la moyenne cache de fortes disparités.

La part des stocks de poissons exploités durablement

Source : Our World in Data (FAO), plus d'un tiers des stocks mondiaux sont surexploités.

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⚖️ La biomasse des mammifères : élevage, humains, sauvages

Où est passée la vie animale sur Terre ?

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Combien pèse la vie animale sur Terre, et à qui appartient-elle ? Si l'on met sur une balance la matière vivante de tous les mammifères, le résultat est vertigineux : le bétail et les humains écrasent littéralement les animaux sauvages. Ce n'est pas seulement qu'ils déclinent (voir le volet précédent) : ils ne pèsent presque plus rien à l'échelle de la planète.

La biomasse des mammifères terrestres depuis 1900 :

0501001501900195020002025Biomasse (millions de tonnes de carbone)Mammifères sauvagesHumainsAnimaux d'élevage

Lecture : chaque aire représente la masse de carbone contenue dans un groupe de mammifères. La bande verte (sauvages) était déjà mince en 1900 ; elle est aujourd'hui presque invisible, tandis que l'élevage et les humains n'ont cessé de grossir. Ancrage sur le présent d'après Bar-On et al. (2018) ; l'allure dans le temps est une reconstruction d'ordres de grandeur (population humaine, cheptels FAO, estimations Smil pour le sauvage), pas des relevés annuels bruts.

96 %

de la biomasse des mammifères, c'est du bétail et des humains. Les animaux sauvages ne pèsent plus que 4 %.

Bovins > humanité

Les seuls bovins (vaches, zébus, buffles) pèsent plus lourd, en carbone, que les 8 milliards d'êtres humains réunis.

≈ 7 fois moins

Depuis la préhistoire, la biomasse des mammifères sauvages terrestres a été divisée par environ 7 (Bar-On et al. 2018).

La répartition par animal, aujourd'hui :

En détaillant la biomasse des mammifères espèce par espèce, deux groupes ressortent : les bovins et les humains. Tout le reste, y compris l'ensemble des mammifères sauvages de la Terre (éléphants, baleines, cerfs, rongeurs, etc.), tient dans une poignée de pour cent.

  • Bovins39 %
  • Humains36 %
  • Porcs7 %
  • Buffles5 %
  • Chevaux, ânes, chameaux5 %
  • Moutons et chèvres4 %
  • Mammifères sauvages4 %

Valeurs en millions de tonnes de carbone, ordres de grandeur d'après Bar-On et al. (2018). La volaille (poulets, etc.) n'est pas comptée ici car ce sont des oiseaux, pas des mammifères ; or à eux seuls les oiseaux d'élevage pèsent près de trois fois plus que tous les oiseaux sauvages.

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🌿 L'IPBES, le GIEC de la biodiversité

Qui ils sont et quels sont leurs derniers rapports

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Le climat a son GIEC ; la biodiversité a l'IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques). On la surnomme le « GIEC de la biodiversité », et le fonctionnement est en effet très proche.

Couverture du résumé à l'intention des décideurs du rapport de l'évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques (IPBES)

Le résumé pour décideurs de l'évaluation mondiale, en français. Source : IPBES.

Créée en 2012 sous l'égide des Nations unies, l'IPBES réunit aujourd'hui près de 150 États membres. Comme le GIEC, elle ne mène aucune recherche elle-même : elle fait la synthèse de la science publiée, grâce à des centaines d'experts bénévoles (environ 150 auteurs principaux pour l'évaluation mondiale de 2019, qui a passé au crible plus de 15 000 publications).

Ses conclusions sont, elles aussi, approuvées par les États, ce qui leur donne un poids politique fort : c'est la source de référence dès qu'on parle d'effondrement du vivant.

📄 Pour chaque volet, plusieurs formats

Exactement comme au GIEC, chaque évaluation existe en version courte et en version intégrale :

  • Le résumé à l'intention des décideurs (quelques dizaines de pages, approuvé mot à mot par les États, traduit dans les langues de l'ONU dont le français) : c'est la couverture ci-dessus, et c'est ce qu'on cite dans les médias.
  • Le rapport complet (plusieurs centaines à plusieurs milliers de pages, chapitre par chapitre, avec toutes les références) : la version pour approfondir.
🌿 Tous les rapports de l'IPBES →