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💧 Utilisation et cycle de l'eau douce

Dépassée, risque croissant

La surexploitation des rivières et des nappes (« eau bleue ») et l'assèchement de l'humidité des sols et des plantes (« eau verte ») dérèglent le cycle de l'eau.

💧 Notre eau potable : d'où elle vient, ce qui la pollue

Nappes phréatiques, PFAS, micro et nanoplastiques, pesticides

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L'eau douce est notre ressource la plus vitale, et l'une des plus fragiles. On ne se contente pas d'en prélever trop : on la pollue durablement. Et une fois qu'une nappe est contaminée, elle le reste souvent pour des décennies, parce qu'elle se renouvelle très lentement.

Ce qui pollue notre eau, du plus discret au plus connu :

🧬 Les PFAS, les « polluants éternels »

Ces molécules de synthèse ultra-résistantes ne se dégradent quasiment jamais et migrent jusque dans les nappes et l'eau du robinet. Une étude a estimé qu'au moins 45 % de l'eau du robinet analysée aux États-Unis contenait au moins un PFAS. Elles sont détaillées dans la limite « Entités nouvelles » de cette page.

🔬 Les micro et nanoplastiques

Le plastique ne disparaît pas : il se fragmente à l'infini.

  • Microplastiques : fragments de moins de 5 mm (de la taille d'un grain de riz jusqu'à l'invisible).
  • Nanoplastiques : encore mille fois plus petits, en dessous de 1 µm (un micromètre = un millième de millimètre ; à titre de comparaison, un cheveu fait environ 70 µm de diamètre).

À cette taille, ils traversent les filtres et les barrières biologiques : on en retrouve dans l'eau en bouteille, dans le sang et jusque dans le placenta. Leurs effets à long terme sur la santé sont encore mal connus, ce qui est précisément inquiétant.

🌾 Les pesticides et les nitrates

L'agriculture intensive laisse filer vers les nappes des nitrates (engrais) et des pesticides. Le plus souvent, ce ne sont pas les molécules d'origine qui posent problème mais leurs métabolites, les produits de leur dégradation. En 2023, l'ANSES a révélé qu'un métabolite du chlorothalonil (un fongicide pourtant interdit depuis 2020) dépassait les limites de qualité dans près d'un tiers des analyses d'eau potable en France. Là encore, ces polluants restent piégés dans les nappes des années après l'interdiction.

Une nappe phréatique, qu'est-ce que c'est ?

Une nappe phréatique, ce n'est pas un lac souterrain : c'est une roche poreuse gorgée d'eau (sable, gravier, calcaire fissuré), un peu comme une éponge. La pluie s'infiltre lentement à travers le sol, qui la filtre, jusqu'à atteindre une couche imperméable où l'eau s'accumule. C'est là qu'on va la pomper par des forages pour la rendre potable. C'est aussi pour ça qu'une pollution de surface met parfois des années à atteindre la nappe, puis des décennies à en repartir.

PluieZone non saturée (sol, roche non gorgée d'eau)infiltrationToit de la nappe (niveau de l'eau)Nappe phréatique : roche poreuse gorgée d'eauSocle imperméable (l'eau ne descend pas plus bas)Forage

D'où vient l'eau potable en France ?

Près de deux tiers de notre eau potable est pompée dans les nappes souterraines ; le reste vient des eaux de surface (rivières, lacs, retenues). D'où l'importance capitale de garder ces nappes propres.

  • Eaux souterraines (nappes)62 %
  • Eaux superficielles (rivières, lacs, barrages)38 %

Part de la production d'eau potable en France, ordre de grandeur d'après le ministère de la Transition écologique et les agences de l'eau. Selon les régions, la part des nappes varie fortement.

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