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🗼 La tour Eiffel du bonheur

Celle-ci n'a rien à voir avec le climat, mais c'est la métaphore que j'utilise le plus souvent dans la vraie vie, et elle m'a été utile plus d'une fois. Attention, ce n'est pas de la physique : c'est un point de vue personnel, le mien.

Le bonheur est une tour Eiffel, posée sur quatre grands piliers.

Une tour Eiffel, ce n'est pas un bloc de béton : c'est une structure élancée, magnifique, qui ne tient que par la répartition de son poids sur ses quatre pieds. Le bonheur, c'est pareil.

Pour moi, on peut simplifier le bonheur en quatre piliers. Il en faut plusieurs pour que la tour tienne debout, au moins deux, et avec trois voire quatre piliers solides, plus rien ne bouge : la vraie tour Eiffel tient sur ses quatre pieds depuis l'Exposition universelle de 1889. Ce n'est qu'une métaphore, pas une vérité absolue, et je ne suis pas psychologue du bonheur.

Les amisceux qu'on choisitLa familleles liens du sangLes amoursl'amoureuse ou l'amoureuxLe travailou toute autre stimulation

Les quatre pieds de la tour : les amis, la famille, les amours, le travail ou toute autre stimulation.

🧱 Les quatre piliers

👥 Les amis

La seule famille qu'on choisit. Ce sont d'abord les bons moments du quotidien : discuter pendant des heures, se raconter ses histoires de cœur, rire sans avoir à faire d'efforts, partir en week-end ou en vacances ensemble. Pour moi, le cercle amical est vital, et je doute d'être le seul dans ce cas.

Mais les vrais amis ne sont pas là que pour la fête et pour les bons moments : ils sont aussi là quand ça va mal. Quand on perd son travail, ou son amoureuse ou son amoureux, ils peuvent être d'un immense secours et empêcher toute la tour de s'effondrer. C'est aussi un pilier qui s'érode tout seul si on ne s'en occupe pas : une amitié s'entretient, et c'est exactement ce qui garde la structure solide.

🧬 La famille, les liens du sang

Celle qu'on ne choisit pas. C'est le pilier le plus ancien, souvent le plus solide, parfois le plus compliqué. Parents, frères et sœurs, cousins, enfants : ces liens tiennent même quand on ne les sollicite pas beaucoup, mais ils ne sont pas éternels, et c'est justement pour ça qu'il faut en profiter.

Les parents, les frères et les sœurs font partie des personnes qu'on aime le plus au monde, tout simplement parce qu'on a grandi avec eux : des années de vie commune, une montagne de souvenirs partagés, et l'habitude de se soutenir. Dans une famille, on se serre les coudes, et c'est une très bonne chose.

Cette solidarité n'est pas qu'une tradition : elle est profondément naturelle. Enlève un instant toute la société qui nous protège, et regarde le reste du vivant. Une meute défend les siens, une cane guide et couve ses canetons, les éléphantes forment un cercle autour des petits quand un prédateur approche. Être soudés en famille, c'est ce qui permet de résister dans la nature. Chez les humains, la mécanique est la même, simplement plus confortable.

Voilà pourquoi, selon moi, ça a tout son sens de garder des liens forts avec sa famille, même si on ne l'a pas choisie. Ce qui ne veut pas dire tout accepter : certains liens abîment plus qu'ils ne portent, et il faut savoir s'en séparer. Mais en conserver quelques-uns, les vrais, c'est ce qui maintient ce pied de la tour bien planté dans le sol.

💞 Les amours

L'amoureuse ou l'amoureux, la vie de couple. C'est sans doute le pilier le plus puissant, celui qui porte le plus de charge au quotidien. Une relation amoureuse peut rendre très heureux, même quand les trois autres piliers ne vont pas bien.

Avec le temps, un amoureux ou une amoureuse devient d'ailleurs quasiment de la famille. Et quand on commence à faire des enfants ensemble, ça en devient une pour de bon : le pilier des amours et celui des liens du sang se rejoignent. Bref, cette personne peut devenir l'une des plus importantes de notre vie, au même titre que ses enfants et sa famille, bien sûr.

💼 Le travail, ou toute autre stimulation

La vraie question derrière ce pilier n'est pas « est-ce que j'ai un emploi ? » mais « est-ce que je suis stimulé dans ma vie au quotidien ? ». Pour la plupart des gens, cette stimulation vient principalement du travail, parce que c'est là qu'on passe ses journées. Mais elle peut tout à fait venir d'ailleurs : d'une association, d'un engagement bénévole, d'un projet, d'un sport, d'une passion menée sérieusement. Ce qui compte, c'est d'avoir une raison de se lever le matin.

Moi, par exemple, je me lève le matin pour travailler sur des sujets d'efficacité énergétique dans le bâtiment : faire en sorte que les bâtiments consomment moins d'énergie, dont une partie est fossile, donc qu'ils émettent moins de gaz à effet de serre, donc qu'ils contribuent moins au réchauffement climatique. Et je suis tout aussi stimulé par mes chaînes Déclic Climatique et par la création de ce site : vulgariser, transmettre le savoir, expliquer plein de concepts énergétiques et climatiques pour qu'à votre tour, vous puissiez avoir un impact positif sur le climat et sur la nature.

Mais ce sens ne se trouve pas que dans l'énergie ou dans les vidéos de vulgarisation, loin de là. Un métier tourné vers les autres, une activité sociale qui accompagne ceux qui en ont besoin, une association qui soulage, qui répare, qui redonne le sourire : il y a mille façons d'être utile. On peut défendre les animaux, aider les humains, réduire des inégalités, se battre pour l'égalité des chances, faire reculer les discriminations. Les causes qui méritent d'être défendues ne manquent pas ; la seule vraie question, c'est de savoir laquelle te ferait lever le matin.

Bref, je me lève le matin pour faire des choses qui ont du sens pour moi. Et chacun peut trouver du sens dans son métier ou dans ses associations.

⚖️ Quatre pieds, trois pieds, deux pieds, un pied

Tout l'intérêt de l'image est là. Une tour Eiffel n'a pas besoin de ses quatre pieds pour rester debout, mais il y a un seuil en dessous duquel plus rien ne tient.

Sur quatre pieds

Solide

La tour est stable, elle encaisse le vent sans broncher. Les quatre piliers se soutiennent : quand l'un fatigue, les trois autres tiennent la structure.

Sur trois pieds

Ça tient très bien

Trois points suffisent à poser un plan : la tour tient toujours debout, comme un tabouret de bar. On peut vivre longtemps comme ça, et beaucoup de gens le font.

Sur deux pieds

Bancal et dangereux

Là, ça commence à être très bancal et très dangereux. La tour ne s'écroule pas forcément tout de suite, mais le moindre coup de vent, un déménagement, une rupture, un licenciement, et elle penche.

Sur un seul pied

Tout s'écroule

Quand tout repose sur un seul pilier, il porte une charge qu'il n'est pas fait pour porter. S'il lâche, et il finira par lâcher, tout s'écroule d'un coup.

Et sur zéro pied ? Je n'imagine même pas. Il n'y a plus de tour, juste un tas de ferraille au sol. Personne ne devrait avoir à vivre ça, et si tu t'en approches, le premier geste utile est d'en parler à quelqu'un.

⏳ Pourquoi j'accorde de l'importance au travail

Parce qu'une journée se découpe, en gros, en trois tiers. C'est arithmétique, et ça change la façon de voir les choses.

😴

Un tiers à dormir

Environ 8 heures par nuit. C'est le tiers qu'on ne récupère pas, et celui qu'on sacrifie le plus vite quand les autres vont mal.

💼

Un tiers au travail

Environ 8 heures par jour de semaine, trajets compris. C'est précisément pour ça que j'accorde de l'importance à ce pilier : c'est un tiers de ta vie éveillée, et ce serait dommage de le passer à s'ennuyer ou à souffrir.

❤️

Un tiers de temps libre

Le tiers qui reste, avec sa copine ou son copain, ses amis, sa famille. C'est là que se construisent les trois autres piliers, et ça ne se fait pas tout seul : ça demande du temps, donc des choix.

Un tiers de sommeil, un tiers de travail, un tiers de temps libre : quand on présente les choses comme ça, l'idée de subir son travail devient absurde. On ne parle pas d'un détail de la vie, on parle d'un tiers de la vie. Et symétriquement, le dernier tiers, le temps libre, est le seul moment où l'on peut vraiment entretenir les trois autres piliers. Le passer entièrement devant un écran, c'est laisser trois pieds sur quatre se fragiliser en silence.

Ce qu'il faut retenir

Le bonheur n'est pas un objet unique qu'on trouve ou qu'on rate : c'est une structure, et une structure se juge à sa répartition. La bonne question n'est pas « est-ce que je suis heureux ? » mais «  sur combien de pieds repose ma tour en ce moment ? ». Si la réponse est deux, ce n'est pas une fatalité : c'est une indication très claire de là où il faut mettre son énergie.

Cette page est mon avis personnel (Stanislas), pas un contenu scientifique, et encore moins un avis médical. En cas de mal-être durable, parles-en à un professionnel de santé ou appelle le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 h/24.