🔌 Simulateur de mix électrique 2050
Imaginons la France de 2050 sans une seule tranche nucléaire. Le solaire et l'éolien produisent quand le soleil brille et quand le vent souffle : que se passe-t-il pendant une vague de froid anticyclonique, quand il fait nuit à 17 h, que le ciel est bas et que les éoliennes tournent au ralenti pendant deux semaines d'affilée ?
Ce simulateur ne fait aucune hypothèse de météo. Il rejoue l'hiver 2025-2026 tel qu'il s'est réellement passé, heure par heure, à partir des données publiées par RTE : la consommation de la France, et ce que chaque filière a produit. Tu choisis les puissances installées en 2050, et on rejoue exactement la même météo avec ton parc.
🥶 L'épisode le plus difficile de l'hiver
En passant en revue les 151 jours de l'hiver, la période la plus tendue pour un système 100 % renouvelable court du 26 décembre 2025 au 8 janvier 2026 : le froid fait grimper la consommation, les journées sont les plus courtes de l'année, et le vent faiblit. C'est la période proposée par défaut ci-dessous, mais tu peux en choisir une autre, jusqu'à l'hiver entier.
📅 Quelle période de l'hiver 2025-2026 ?
du 26 décembre 2025 au 8 janvier 2026 (14 jours). Les 14 jours où un mix 100 % renouvelable aurait le plus manqué d'électricité : froid, ciel bas et vent faible.
Clique sur un jour pour y démarrer la période.
🎛️ Ton mix 2050
Pourquoi pas toute la courbe ? Parce qu'électrifier n'est pas chauffer. Brancher des voitures, des usines et des pompes à chaleur fait grossir la base qui tourne toute l'année, mais ne change pas la façon dont le chauffage réagit au thermomètre. Multiplier toute la courbe de charge, thermosensibilité comprise, gonflerait artificiellement la pointe d'hiver, celle-là même que ce simulateur cherche à passer.
🌡️ Thermosensibilité par pays d'Europe
La thermosensibilité, c'est la puissance qu'un pays appelle en plus quand il fait un degré de moins. Elle ne dépend pas de la consommation totale, mais du nombre de gens qui se chauffent à l'électricité : un grand pays très électrifié cumule les deux, et c'est exactement le cas de la France.
| Pays | Thermosensibilité | Logements chauffés à l'électricité | Électricité dans l'énergie de chauffage | Population | Par million d'habitants |
|---|---|---|---|---|---|
| France | 1 770 MW/°C | 33,8 % | 16,0 % | 68,9 M | 25,7 MW/°C |
| Allemagne | 542 MW/°C | 4,3 % | 2,0 % | 83,6 M | 6,5 MW/°C |
| Suède | 411 MW/°C | 16,6 % | 30,6 % | 10,6 M | 38,8 MW/°C |
| Norvège | 359 MW/°C | 72,7 % | 59,8 % | 5,6 M | 64,1 MW/°C |
| Espagne | 285 MW/°C | 37,5 % | 10,7 % | 49,1 M | 5,8 MW/°C |
| Italie | 273 MW/°C | 5,0 % | 2,7 % | 58,9 M | 4,6 MW/°C |
| Pologne | 215 MW/°C | 1,7 % | 0,8 % | 36,5 M | 5,9 MW/°C |
| Pays-Bas | 176 MW/°C | 2,3 % | 6,7 % | 18,0 M | 9,8 MW/°C |
| Finlande | 166 MW/°C | 23,2 % | 24,4 % | 5,6 M | 29,6 MW/°C |
| Belgique | 115 MW/°C | 6,0 % | 3,7 % | 11,9 M | 9,7 MW/°C |
Deux lectures s'opposent. En puissance brute, la France écrase le tableau: à elle seule, elle pèse plus que les neuf autres pays réunis, parce qu'elle est à la fois peuplée et très chauffée à l'électricité. Rapportée aux habitants, elle passe derrière la Norvège, où près de trois logements sur quatre sont chauffés à l'électricité, et derrière la Suède, où le froid et les pompes à chaleur font le reste. Ces deux pays sont simplement trop peu nombreux pour peser sur le total européen.
Une exception éclaire la règle : l'Espagne compte autant de logements électriques que la France, et sa thermosensibilité par habitant est pourtant cinq fois plus faible. Ses hivers sont doux, et un chauffage qu'on allume peu ne fait pas de pointe. La thermosensibilité, c'est du chauffage électrique multiplié par du froid, jamais de la consommation totale : c'est bien pour ça que ce simulateur fait grossir la base sans toucher au chauffage.
Les deux colonnes de chauffage ne disent pas la même chose. En France, un tiers des logementssont chauffés à l'électricité, mais ils ne pèsent que 16 % de l'énergiede chauffage du pays : ces logements sont en moyenne plus petits et mieux isolés, et une pompe à chaleur rend environ trois fois plus de chaleur qu'elle ne consomme d'électricité.
Pentes calculées sur les hivers 2023-2024 à 2025-2026 : régression de la consommation moyenne journalière sur la température moyenne, jours ouvrés sous 15 °C. Consommation api.energy-charts.info (données ENTSO-E), températures ERA5 d'Open-Meteo moyennées sur les plus grandes villes de chaque pays. Logements chauffés à l'électricité : enquête européenne EU-SILC 2023 (Eurostat) ; l'enquête nationale du SDES donne de son côté près de 40 % des résidences principales françaises, pompes à chaleur comprises. Part de l'électricité dans l'énergie de chauffage et population : Eurostat également (2023 et 1er janvier 2025). Le Royaume-Uni manque : il ne publie plus sa consommation sur cette base. Ces dix pays totalisent 4,3 GW/°C, un ordre de grandeur cohérent avec les 5 GW/°C européens cités par RTE, dont près de la moitié pour la France.
🔌 Une interconnexion, c'est quoi ?
Ce curseur ne règle pas un client de plus, mais du matériel posé aux frontières : les lignes à très haute tension qui relient le réseau français à ceux de ses voisins, par la terre ou par des câbles sous-marins. Leur puissance totale fixe le maximum que la France peut pousser dehors à un instant donné, quel que soit son surplus.
Aujourd'hui, ces liaisons représentent environ 17 GW ; RTE en retient 39 GW en 2050 dans ses six scénarios, soit 2,3 fois plus de lignes à construire. Tout surplus qui dépasse cette limite est écrêté, donc perdu.

Chaque flèche est une frontière, et chaque frontière a sa limite physique. Ce jour-là, la France exportait 11 139 MW en tout : c'est ce total que le curseur plafonne. Source : éCO2mix, RTE. Suivre les échanges en direct
🗺️ Où tombent ces éoliennes
24 667 éoliennes terrestres pour 74 GW. 247 symboles dessinés, un pour 100 éoliennes.
65 parcs en mer pour 62 GW. 5 167 éoliennes à raison de 80 par parc, réparties à intervalles égaux sur toute la côte métropolitaine, Manche, Atlantique et Méditerranée.
Un symbole d'éolienne ne vaut pas une éolienne : la règle est un symbole pour 100 éoliennesdu scénario, sans quoi il en faudrait des dizaines de milliers, illisibles. Le nombre de symboles suit donc exactement la puissance installée : doubler la jauge double les symboles, donc divise par deux la place qui reste entre eux. Les emplacements sont un semis régulier, sans rapport avec le gisement de vent réel ni avec les zones où l'on a le droit de construire.
Le × N gris à côté de chaque puissance dit combien de fois il faudrait multiplier le parc déjà installé en France pour y arriver. Parc de référence, début 2026 : 30 GW de solaire, 24 GW d'éolien terrestre, 2,0 GW d'éolien en mer, 21 GW d'hydraulique hors STEP, 63 GW de nucléaire et 17 GW d'interconnexions pour l'export. Les batteries n'ont pas de coefficient : le parc de stockage français part de presque rien.
Les petits traits sous les curseurs marquent les six scénarios 2050 de RTE, chacun relié à sa position exacte sur la piste : clique sur un code pour caler la filière sur sa valeur. M0, M1, M23, N1, N2, N03, qu'est-ce que ça veut dire ?
Le dimensionnement garde la répartition entre solaire, éolien terrestre et éolien en mer que tu as choisie, et multiplie les trois par un même facteur jusqu'à ce que la période passe.
❌ 13 journées ne produisent pas assez d'énergie
8 638 GWh (27,3 %)
d'énergie manquante sur le bilan des journées, et sa part dans la consommation de la période
2 264 GWh
consommés par jour en moyenne
279 h
de coupure réelle, heure par heure
0 %
du renouvelable produit à jeter faute de stockage
⚡ Le bilan de la période
| Consommation | 31 695 GWh |
| Éolien en mer | 9 666 GWh (30,5 %) |
| Manquant | 9 572 GWh (30,2 %) |
| Éolien terrestre | 5 930 GWh (18,7 %) |
| Solaire | 4 245 GWh (13,4 %) |
| Hydraulique | 2 841 GWh (9,0 %) |
| Bioénergies | 383 GWh (1,2 %) |
| Nucléaire | 0 GWh (0,0 %) |
| Batteries (décharge) | 0 GWh (0,0 %) |
| Exporté | 915 GWh (2,9 %) |
| Écrêté (jeté) | 26 GWh (0,1 %) |
Les pourcentages sont rapportés à la consommation de la période. Les filières additionnées dépassent un peu 100 % : une partie de leur production part à l'export ou finit écrêtée, les deux dernières lignes.
Pour comparaison, 50 GW de nucléaire en base pendant 14 jours produiraient 16 800 GWh.
🏗️ Ce que ça représente à construire
☀️ Combien de W par m² de terrain ?
Un panneau récent, seul, sort environ 200 à 230 W par m² de module. Mais un champ de panneaux occupe bien plus de terrain que ses modules : il faut espacer les rangées pour qu'elles ne s'ombrent pas, plus les allées, les clôtures et les postes de transformation. La densité qui compte, c'est donc celle du terrain entier, et elle tombe nettement sous les 200 W/m².
- 115 W/m² : Cestas (Gironde), 2015, 300 MWc sur 260 ha
- 50 W/m² : La Colle des Mées (Alpes-de-Haute-Provence), 2011, 100 MWc sur 200 ha
- 31 W/m² : Toul-Rosières (Meurthe-et-Moselle), 2012, 115 MWc sur 367 ha
Le simulateur retient 1,2 hectare par MW, soit 83 W/m² de terrain : la densité des grandes fermes récentes, largement au-dessus des parcs des années 2010 posés sur d'anciennes bases militaires.
📊 Production et consommation, heure par heure
Les aires empilées sont la production réellement utilisée. Ce qui dépasse la courbe noire de consommation est du surplus : il recharge les batteries s'il y en a, sinon il est écrêté, c'est-à-dire perdu.
🔥 En réalité, l'électricité manquante serait produite au gaz
La bande rouge n'est pas une coupure de courant : c'est l'électricité que le parc bas carbone ne sait pas fournir à cette heure-là. Dans les faits, on la produirait au gaz, en cycle combiné gaz (CCG) pour les épisodes longs, et surtout en turbine à combustion (TAC) pour la pointe : une TAC démarre en quelques minutes et coûte peu cher à construire, son combustible est cher mais on ne la fait tourner que quelques dizaines d'heures par an. C'est la solution la plus probable et la plus économique, mais chaque gigawattheure rouge devient alors un gigawattheure fossile, avec le CO₂ qui va avec.
On pourrait aussi importer chez nos voisins. Le simulateur ne le fait pas : il raisonne France seule, en supposant qu'une vague de froid anticyclonique met toute l'Europe de l'Ouest dans le même bateau au même moment, et qu'aucune électricité bas carbone n'est alors disponible en surplus à l'étranger.
📑 Les six scénarios de mix 2050 de RTE, et ce que veulent dire leurs codes
Les scénarios M poussent les renouvelables au maximum et sortent du nucléaire ou presque ; les scénarios N construisent de nouveaux réacteurs et développent les renouvelables moins vite. Le chiffre range chaque famille du plus renouvelable au plus nucléaire.

Infographie « Les scénarios de mix de production à l'horizon 2050 », RTE, Futurs énergétiques 2050.
Les puissances installées en 2050, scénario par scénario
| Scénario | Solaire | Éolien terrestre | Éolien en mer | Nucléaire existant | Nouveau nucléaire | Thermique décarboné | Batteries |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| M0100 % EnR en 2050 | 208 GW | 74 GW | 62 GW | / | / | 29 GW | 26 GW |
| M1Répartition diffuse | 214 GW | 59 GW | 45 GW | 16 GW | / | 20 GW | 21 GW |
| M23EnR en grands parcs | 125 GW | 72 GW | 60 GW | 16 GW | / | 20 GW | 13 GW |
| N1EnR et nouveau nucléaire 1 | 118 GW | 58 GW | 45 GW | 16 GW | 13 GW | 11 GW | 9 GW |
| N2EnR et nouveau nucléaire 2 | 90 GW | 52 GW | 36 GW | 16 GW | 23 GW | 5 GW | 2 GW |
| N03EnR et nouveau nucléaire 3 | 70 GW | 43 GW | 22 GW | 24 GW | 27 GW | 1 GW | / |
Hypothèses communes aux six scénarios : 22 GW d'hydraulique, entre 0 et 3 GW d'énergies marines, 2 GW de bioénergies, 39 GW d'interconnexions et 8 GW de STEP. Le simulateur démarre sur le mix M0, celui qui sort complètement du nucléaire.
Données de l'hiver 2025-2026 : RTE, éCO2mix (données consolidées et définitives), publié en open data sur ODRE (jeu de données, Licence Ouverte / Open Licence Etalab). Répartition terrestre / en mer : api.energy-charts.info (Fraunhofer ISE, données ENTSO-E), CC BY 4.0. Relevés du 1 novembre 2025 au 31 mars 2026, agrégés à l'heure.
🔬 Comment ça marche
1. On part du réel. RTE publie, toutes les demi-heures, la consommation française et la production de chaque filière. On agrège ces relevés à l'heure, du 1ᵉʳ novembre 2025 au 31 mars 2026, soit 3 623 heures.
2. On transforme la production en facteur de charge. Diviser ce qu'une filière a produit par sa puissance installée donne le pourcentage de son parc qui tournait à chaque heure. Sur cet hiver-là : 8,1 % en moyenne pour le solaire, 29,2% pour l'éolien terrestre et 49,1% pour l'éolien en mer, bien plus régulier. Multiplier ce facteur de charge par une puissance installée future, c'est rejouer la météo de cet hiver avec le parc de 2050.
3. On monte la consommation au niveau de 2050, mais pas n'importe comment. Les trois trajectoires proposées sont celles des « Futurs énergétiques 2050 » de RTE : 555 TWh avec de la sobriété, 645 TWh en référence, 755 TWh avec une réindustrialisation profonde, contre 444 TWh consommés en 2025.
La tentation serait de multiplier toute la courbe de charge par le rapport des deux. Ce serait faux, et faux dans le sens qui arrange : ça gonflerait la pointe d'hiver, précisément ce que le simulateur cherche à passer. La consommation française se lit en effet en deux morceaux.
- Une base hors chauffage, environ 40 GW, qui tourne toute l'année quelle que soit la température : industrie, tertiaire, éclairage, appareils, eau chaude, transports. C'est elle que l'électrification fait grossir d'ici 2050.
- Une part thermosensible, tout ce qui passe au-dessus quand il fait froid, c'est-à-dire le chauffage. Brancher des voitures et des usines ne change rien à la façon dont le chauffage réagit au thermomètre.
Le simulateur applique donc la croissance à la seule base, et laisse la part chauffage telle qu'elle a été mesurée heure par heure. Le facteur est recalé pour que le total annuel tombe bien sur la trajectoire choisie : pour les 645 TWh de référence, la base est multipliée par 1,57, et la pointe d'hiver monte bien moins vite que si l'on avait tout multiplié par 1,45.
4. On équilibre le réseau heure par heure. À chaque heure, on additionne le solaire, l'éolien, l'hydraulique et les bioénergies. S'il manque de l'électricité, on appelle le nucléaire restant, puis les batteries. Ce qui manque encore est une défaillance : une coupure. Ce qui est produit en trop recharge les batteries, et le reste est écrêté, c'est-à-dire jeté.
📋 Les hypothèses retenues
| Puissances installées de référence (fin 2025) | solaire 30,4 GW, éolien terrestre 23,8 GW, éolien en mer 2,0 GW, nucléaire 63,0 GW, hydraulique 25,7 GW dont 5,1 GW de STEP |
| Passage à la consommation de 2050 | seule la base hors chauffage, prise à 40 GW toute l'année, est multipliée ; la part thermosensible mesurée heure par heure reste inchangée, parce que l'électrification des transports et de l'industrie ne modifie pas la réaction du chauffage à la température. Le facteur est recalé pour que le total annuel tombe sur la trajectoire choisie (1,57 pour 645 TWh) |
| Disponibilité du nucléaire en hiver | 89 % du parc, soit le maximum réellement atteint pendant l'hiver 2025-2026 (le reste, c'est la maintenance et les rechargements) |
| Batteries | rendement aller-retour de 85 %, puissance égale à la capacité divisée par 4 h, pleines au premier jour de la période |
| Hydraulique | profil horaire de l'hiver 2025-2026, net du pompage des STEP, mis à l'échelle de la puissance installée choisie |
| Bioénergies | production réellement observée, environ 1,3 GW en continu |
| Exportations | 17 GW d'interconnexions aujourd'hui, 39 GW visés en 2050 par RTE. Le surplus recharge d'abord les batteries, puis part à l'export dans cette limite ; au-delà, il est écrêté. L'export ne sert donc jamais à couvrir la consommation française |
| Équivalences | batterie de voiture électrique de 60 kWh, éolienne terrestre de 3 MW, éolienne en mer de 12 MW, réacteur EPR2 de 1,67 GW, 1,2 hectare par MW de solaire au sol |
⚠️ Ce que le simulateur ne fait pas
Un simulateur honnête annonce ses limites. Celui-ci isole volontairement la France et deux leviers seulement (produire plus, ou stocker plus) pour rendre visible le problème de fond. Un vrai système électrique en aurait d'autres :
- Pas d'importations. On pourrait évidemment acheter de l'électricité à nos voisins, et les interconnexions apportent réellement quelques gigawatts. Le simulateur raisonne pourtant France seule, en supposant que nos voisins sont dans le même bateau: un anticyclone hivernal couvre en général toute l'Europe de l'Ouest en même temps, tout le monde manque au même moment, et il ne reste alors aucune électricité bas carbone en surplus à l'étranger. C'est l'hypothèse prudente.
- Pas de gaz, alors que c'est ce qui arriverait. Le simulateur compte l'électricité manquante comme une coupure, parce qu'il ne simule qu'un parc bas carbone. Dans la vraie vie, ces heures-là seraient couvertes au gaz : en cycle combiné (CCG) pour les épisodes longs, et surtout en turbine à combustion (TAC)pour la pointe, rapide à démarrer et peu chère à construire, donc la réponse la plus probable et la plus économique pour quelques dizaines d'heures par an. Chaque gigawattheure manquant est donc à lire comme un gigawattheure fossile, pas comme un blackout.
- Pas de centrales pilotables autres que le nucléaire. Le scénario M0 de RTE prévoit 29 GW de thermique décarboné (centrales à gaz brûlant de l'hydrogène ou du biométhane) : c'est précisément le moyen qu'il retient pour passer ces quinzaines-là. Le simulateur le remplace par des batteries, ce qui est bien plus coûteux en capacité.
- Pas de flexibilité de la demande. Recharge pilotée des voitures, ballons d'eau chaude, industrie qui s'efface : RTE compte dessus pour plusieurs dizaines de gigawatts. Dans ce simulateur, le curseur « batteries » joue ce rôle, un déplacement de consommation étant un stockage comme un autre.
- Le parc de 2050 se comporte comme celui de 2025. Les éoliennes de demain seront plus hautes et un peu plus régulières, les panneaux un peu plus performants. À l'inverse, les meilleurs sites sont déjà pris. Séparer l'éolien en mer du terrestre corrige l'essentiel de ce biais, puisque c'est là que se trouve le gros de l'écart de régularité.
- Les STEP ne sont pas réoptimisées. Les stations de pompage-turbinage gardent le fonctionnement qu'elles ont eu cet hiver-là, alors qu'en 2050 elles seraient pilotées autrement.
- Ce n'est pas une étude de coût. Le simulateur compte des gigawatts et des gigawattheures, pas des euros.
📚 Sources
- Consommation et production par filière : éCO₂mix national consolidé et définitif, RTE, publié sur Open Data Réseaux Énergies (Licence Ouverte / Open Licence Etalab).
- Répartition éolien terrestre / éolien en mer : energy-charts.info (Fraunhofer ISE, données ENTSO-E, CC BY 4.0).
- Puissances installées : parc de production par filière (RTE) et tableau de bord éolien (SDES) pour la part de l'éolien en mer.
- Scénarios 2050 : Futurs énergétiques 2050, RTE (octobre 2021), scénario M0 et trajectoires de consommation.
Pour explorer les données brutes de production, centrale par centrale, va voir mon autre application : Statistiques RTE.