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⚡ Produire de l'électricité

Une seule idée traverse presque toute cette page : pour fabriquer de l'électricité, on fait tourner un aimant devant des bobines de cuivre. Le vent, la vapeur, l'eau qui tombe ne sont là que pour obtenir cette rotation. La seule exception est le panneau photovoltaïque, qui n'a aucune pièce en mouvement. Commençons donc par la pièce commune, l'alternateur, avant de regarder chaque machine.

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L'alternateur, la pièce commune à presque toutes les centrales

Avant de regarder les centrales une par une, il faut comprendre la machine qu'elles ont toutes en commun. Éolienne, barrage, charbon, gaz, nucléaire : toutes finissent au même endroit, un aimant qui tourne devant des bobines de cuivre.

  1. 1
    Un aimant tourne

    Le rotor est un électro-aimant alimenté en courant continu. C'est lui que la turbine fait tourner, et rien d'autre.

  2. 2
    Des bobines l'entourent

    Le stator porte trois enroulements de cuivre décalés d'un tiers de tour. Un champ magnétique qui bouge devant un fil y crée une tension : c'est l'induction, découverte par Faraday en 1831. On récupère donc trois tensions décalées, le courant triphasé.

  3. 3
    La vitesse de rotation fixe la fréquence

    Avec une seule paire de pôles, 3 000 tours par minute font exactement 50 tours par seconde, soit 50 Hz. Une machine à deux paires de pôles tourne à 1 500 tr/min pour la même fréquence. Toutes les machines du réseau européen tournent donc verrouillées entre elles, à la même cadence.

  4. 4
    Le transformateur élève la tension

    L'alternateur sort typiquement du 20 000 V. Un transformateur le monte à 90 000, 225 000 ou 400 000 V pour le transport, parce que les pertes en ligne dépendent du carré du courant : à puissance égale, plus la tension est haute, moins il y a de courant, moins la ligne chauffe.

50 Hz

la fréquence du réseau européen, identique du Portugal à la Pologne

3 000 tr/min

la vitesse d'un alternateur de centrale thermique classique

400 000 V

la tension du réseau de grand transport, contre 230 V à la prise

À retenir. Une centrale électrique n'est jamais qu'une machine à faire tourner un aimant. Toute la différence entre le nucléaire, le charbon, le vent et l'eau tient à la façon dont on obtient cette rotation.

Ma métaphore du cycliste pour comprendre les 50 Hz

🌬️

L'éolienne

Contrairement à ce que l'image suggère, le vent ne pousse pas les pales : il les aspire. Une pale d'éolienne est une aile d'avion qui tourne au lieu d'avancer.

  1. 1
    La pale crée de la portance

    Le profil de la pale est celui d'une aile : l'air qui contourne le dos parcourt un chemin plus long, la pression y baisse, et il naît une force perpendiculaire au vent. C'est cette force, la portance, qui entraîne le rotor. Une éolienne poussée par le vent tournerait beaucoup moins bien.

  2. 2
    Le rotor tourne lentement

    Une grande éolienne tourne à 10 à 20 tours par minute seulement. Ce n'est pas un défaut : à 80 mètres de rayon, le bout de pale file déjà à plus de 250 km/h.

  3. 3
    Le multiplicateur, ou pas

    Une génératrice classique a besoin de 1 000 à 1 500 tr/min : un multiplicateur, c'est-à-dire une boîte de vitesses, fait le rapport. Les modèles à attaque directe s'en passent avec une génératrice à aimants permanents de très grand diamètre, plus chère mais sans la pièce d'usure la plus fragile.

  4. 4
    L'électronique de puissance remet tout d'aplomb

    Comme la vitesse du vent change en permanence, la génératrice ne peut pas produire directement du 50 Hz propre. On redresse donc le courant en continu, puis un onduleur le reconstruit à 50 Hz exactement. C'est ce qui permet à l'éolienne de tourner à vitesse variable.

  5. 5
    L'orientation et le calage règlent la puissance

    La nacelle pivote pour rester face au vent. Au-delà de la puissance nominale, les pales tournent sur leur propre axe pour offrir moins de prise, et au-delà d'environ 25 m/s elles se mettent en drapeau et la machine s'arrête pour ne pas se détruire.

au cube

la puissance varie avec le cube de la vitesse du vent : deux fois plus de vent donne huit fois plus de puissance

59,3 %

la limite de Betz, part maximale de l'énergie du vent qu'une hélice peut théoriquement capter

25 %

le facteur de charge moyen d'une éolienne terrestre en France, contre 40 à 45 % en mer

Schéma d'une éolienne : pale, moyeu, centre de contrôle du calage, frein, multiplicateur, génératrice, système d'orientation de la nacelle, mât, transformateur et poste de livraison.
Schéma d'une éolienne : pale, moyeu, centre de contrôle du calage, frein, multiplicateur, génératrice, système d'orientation de la nacelle, mât, transformateur et poste de livraison. Source : Innovent.
À retenir. Le vent double, la puissance est multipliée par huit. C'est pour cela qu'on cherche des sites venteux et des mâts hauts plutôt que des machines plus grosses : à 100 mètres de haut, le vent est bien plus fort et bien plus régulier qu'à 40 mètres.
☀️

Le panneau solaire photovoltaïque

C'est la seule machine de cette page qui ne tourne pas. Pas de turbine, pas d'alternateur, aucune pièce en mouvement : la lumière déplace directement des électrons dans un cristal.

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    Deux couches de silicium volontairement déséquilibrées

    Une couche est dopée au phosphore, qui apporte un électron en trop (type N), l'autre au bore, qui laisse un manque (type P). À la frontière entre les deux, les charges se réorganisent et installent un champ électrique permanent : c'est la jonction.

  2. 2
    Le photon arrache un électron

    Quand la lumière frappe le cristal, un photon assez énergétique fait sauter un électron de sa place. Il laisse derrière lui un « trou », qui se comporte comme une charge positive.

  3. 3
    Le champ sépare les deux charges

    Sans ce champ, l'électron retomberait aussitôt dans son trou et il ne se passerait rien. La jonction envoie l'électron d'un côté et le trou de l'autre : c'est ce déséquilibre entretenu qui crée la tension, environ 0,6 volt par cellule.

  4. 4
    On additionne les cellules

    Un panneau met 60 à 72 cellules en série pour atteindre 30 à 45 V, et une installation met les panneaux en série pour monter à plusieurs centaines de volts continus.

  5. 5
    L'onduleur convertit en alternatif

    Il transforme le continu en 50 Hz utilisable, et cherche en permanence le point de fonctionnement qui donne le plus de puissance, ce qu'on appelle le MPPT. C'est pour cela qu'un panneau à l'ombre partielle fait chuter toute sa chaîne.

20 à 23 %

le rendement d'un panneau en silicium du commerce, contre 47 % pour les records de laboratoire multi-jonctions

-0,3 %/°C

la puissance perdue quand la cellule chauffe : un panneau à 60 °C produit environ 10 % de moins qu'à 25 °C

1 000 à 1 400

kWh produits par an et par kWc installé, de Lille à Marseille

Coupe d'une cellule photovoltaïque : silicium dopé au phosphore, silicium dopé au bore, jonction NP, et le trajet de l'électron arraché par le photon jusqu'au circuit extérieur.
Coupe d'une cellule photovoltaïque : silicium dopé au phosphore, silicium dopé au bore, jonction NP, et le trajet de l'électron arraché par le photon jusqu'au circuit extérieur. Source : Planète Énergies.
À retenir. Un panneau aime la lumière, pas la chaleur. Il produit mieux par une journée froide et lumineuse de mars qu'en pleine canicule d'août.
🌊

La centrale hydroélectrique au fil de l'eau

Beaucoup de débit, très peu de hauteur, et aucun stockage : elle prend le fleuve tel qu'il passe, et produit ce que le fleuve veut bien donner.

  1. 1
    Un barrage bas relève le plan d'eau

    L'ouvrage ne crée pas de lac : il rehausse le niveau du fleuve de quelques mètres pour fabriquer une chute artificielle, en général de 2 à 30 mètres.

  2. 2
    L'eau traverse en permanence

    Il n'y a presque rien à stocker. Ce qui arrive est turbiné, le surplus passe par les vannes de crue. La production suit donc le débit du fleuve, avec des saisons très marquées.

  3. 3
    La turbine Kaplan encaisse le gros débit

    C'est une hélice de bateau à l'envers, à pales orientables. Elle est faite pour les faibles chutes et les débits énormes, et ses pales se règlent en continu pour rester au meilleur rendement quel que soit le débit.

  4. 4
    La puissance sort d'une multiplication

    P = masse volumique × gravité × débit × hauteur de chute × rendement. Avec peu de hauteur, il faut donc énormément d'eau : c'est exactement l'inverse d'un barrage de montagne.

  5. 5
    Écluse et passe à poissons

    Sur un fleuve navigable, l'aménagement porte presque toujours une écluse pour les bateaux et une passe à poissons pour rétablir la continuité écologique, obligatoire depuis la directive-cadre européenne sur l'eau.

2 à 30 m

la hauteur de chute typique, contre plusieurs centaines de mètres pour un barrage de montagne

19

aménagements de ce type sur le Rhône, exploités par la CNR, qui en font le premier fleuve hydroélectrique de France

50 à 60 %

le facteur de charge, l'un des plus élevés de tous les moyens de production

À retenir. Le fil de l'eau produit beaucoup et régulièrement, mais on ne le pilote pas : c'est de l'hydraulique subie, à ne pas confondre avec le barrage de lac, qui est le moyen de production le plus manœuvrable qui existe.
🏔️

Le barrage de lac et sa conduite forcée

Ici c'est l'inverse : peu d'eau, mais tombant de très haut. Et surtout, une retenue qui est une gigantesque batterie remplie d'énergie potentielle.

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    Le lac stocke de l'énergie

    Chaque mètre cube retenu en altitude est de l'énergie mise de côté, qui attend qu'on en ait besoin. C'est la seule forme de stockage d'électricité massif et bon marché que l'humanité maîtrise depuis plus d'un siècle.

  2. 2
    La conduite forcée transforme la hauteur en pression

    Un tuyau d'acier descend la pente jusqu'à la centrale, tout en bas. Cent mètres de dénivelé donnent dix bars de pression. Les plus grandes chutes françaises dépassent 900 mètres, soit près de 100 bars à la vanne.

  3. 3
    La turbine reçoit le choc

    Pour les très hautes chutes, la turbine Pelton reçoit un ou plusieurs jets d'eau sur des auges en forme de double cuillère, à l'air libre. Pour les chutes moyennes, la turbine Francis est entièrement noyée et l'eau la traverse en spirale.

  4. 4
    Le démarrage se compte en minutes

    C'est la qualité qui vaut de l'or sur un réseau : un groupe hydraulique passe de l'arrêt à la pleine puissance en quelques minutes, là où une centrale thermique met des heures. C'est lui qui absorbe la pointe de 19 h en hiver.

  5. 5
    La STEP fait tourner la machine à l'envers

    Dans une station de transfert d'énergie par pompage, la même machine pompe l'eau du bassin bas vers le bassin haut quand l'électricité est abondante et peu chère, puis la turbine quand elle manque. Le cycle complet rend environ 75 à 80 % de ce qu'on y a mis.

0,8 MW

la puissance d'un seul mètre cube par seconde tombant de 100 mètres

1 800 MW

Grand'Maison, la plus puissante centrale hydraulique de France, avec 955 mètres de chute

75 à 80 %

le rendement d'un cycle complet de pompage puis turbinage dans une STEP

Coupe d'un aménagement hydroélectrique : bief d'amont, structure de prise, conduite forcée, turbine, générateur, tube d'aspiration, bief d'aval, transformateur et lignes de transport.
Coupe d'un aménagement hydroélectrique : bief d'amont, structure de prise, conduite forcée, turbine, générateur, tube d'aspiration, bief d'aval, transformateur et lignes de transport. Source : NB Power.
À retenir. Fil de l'eau et barrage de lac portent le même nom d'hydroélectricité mais ne rendent pas du tout le même service : l'un produit en continu, l'autre stocke et arrive à la seconde où le réseau en a besoin.
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Les centrales thermiques : un seul et même cycle

Charbon, gaz, biomasse, déchets, nucléaire : dans tous les cas, on fait bouillir de l'eau. Ce qui change, c'est uniquement la façon de chauffer la chaudière. Voici le cycle commun, dit cycle de Rankine.

  1. 1
    On chauffe de l'eau sous pression

    La source de chaleur, quelle qu'elle soit, porte de l'eau à haute température dans une chaudière. Sous pression, l'eau peut dépasser 300 °C sans bouillir.

  2. 2
    La vapeur se détend dans la turbine

    La vapeur arrive sur des aubes, pousse, perd de la pression et de la température, passe sur l'étage suivant, et ainsi de suite. Une turbine de centrale a des corps haute, moyenne et basse pression, de plus en plus gros à mesure que la vapeur se dilate.

  3. 3
    L'alternateur produit le courant

    Il est sur le même arbre que la turbine et tourne à 1 500 ou 3 000 tr/min.

  4. 4
    Le condenseur est indispensable

    La vapeur détendue doit redevenir liquide, sinon la pompe ne peut pas la renvoyer dans la chaudière. On la refroidit avec une source froide : l'eau d'un fleuve, de la mer, ou l'air ambiant dans une tour aéroréfrigérante. Sans source froide, il n'y a pas de cycle possible, et pas d'électricité.

  5. 5
    La pompe boucle le circuit

    L'eau condensée est renvoyée dans la chaudière et le cycle recommence, indéfiniment, en circuit fermé.

≈ 33 %

le rendement d'une centrale nucléaire : deux tiers de la chaleur partent au condenseur

≈ 40 %

le rendement d'une centrale à charbon moderne, jusqu'à 45 % pour les plus récentes

55 à 62 %

le rendement d'un cycle combiné au gaz, le meilleur des centrales à flamme

Schéma général d'une centrale thermique, au charbon, au gaz ou à la biomasse : foyer et chaudière, traitement des fumées et cheminée, turbine à vapeur, alternateur et transformateur, puis condenseur, tour aéroréfrigérante et pompe de condensat qui ramènent l'eau à la chaudière.
Schéma général d'une centrale thermique, au charbon, au gaz ou à la biomasse : foyer et chaudière, traitement des fumées et cheminée, turbine à vapeur, alternateur et transformateur, puis condenseur, tour aéroréfrigérante et pompe de condensat qui ramènent l'eau à la chaudière. Source : schéma généré par IA.
À retenir. Les deux tiers de chaleur perdus dans une centrale thermique ne sont pas un défaut de conception : c'est le théorème de Carnot. Le rendement maximal ne dépend que de l'écart entre la température chaude et la température froide, et aucune ingénierie ne le contourne.
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La centrale à charbon

L'application la plus directe du cycle vapeur, et de très loin la plus émettrice. Elle fournit encore environ un tiers de l'électricité mondiale.

  1. 1
    Le charbon est réduit en poudre

    Des broyeurs le transforment en une farine plus fine que du talc, pour qu'il brûle vite et complètement.

  2. 2
    Il brûle en suspension

    Soufflée avec de l'air chaud dans le foyer, cette poussière s'enflamme en une flamme continue à 1 300 ou 1 500 °C.

  3. 3
    Les murs de la chaudière font la vapeur

    Les parois du foyer sont entièrement tapissées de tubes dans lesquels circule l'eau. C'est le rayonnement de la flamme qui la vaporise.

  4. 4
    Le cycle vapeur classique prend le relais

    Turbine, alternateur, condenseur, pompe : rien de particulier, c'est le cycle décrit plus haut.

  5. 5
    Les fumées sont traitées, sauf le CO₂

    Électrofiltres pour les poussières, lavage au lait de chaux pour le soufre, injection d'ammoniac pour les oxydes d'azote. Le dioxyde de carbone, lui, sort tel quel par la cheminée : il n'existe aucun filtre à CO₂.

≈ 1 000

grammes de CO₂ par kWh produit, le pire score de tous les moyens de production

≈ 35 %

la part du charbon dans la production mondiale d'électricité

1 300 °C

la température de la flamme dans le foyer

À retenir. Une centrale à charbon émet environ vingt-cinq fois plus de CO₂ par kWh que le mix électrique français. C'est la raison pour laquelle la même voiture électrique n'a pas du tout le même bilan selon le pays où on la recharge.
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La centrale à gaz à cycle combiné

Sa particularité : elle contient deux centrales en une. Une turbine à gaz produit d'abord, puis on récupère la chaleur de ses fumées pour faire tourner une seconde turbine, à vapeur.

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    Premier cycle : l'air est comprimé

    Un compresseur, monté sur le même arbre que la turbine, avale l'air ambiant et le comprime quinze à trente fois. Il consomme à lui seul plus de la moitié de la puissance de la turbine.

  2. 2
    Le gaz brûle en continu

    Injecté dans la chambre de combustion, il produit un flux de gaz à 1 300 ou 1 500 °C, qui se détend dans la turbine à combustion. Une bonne partie de la production sort déjà là.

  3. 3
    Les fumées sont encore brûlantes

    Elles s'échappent à 550 ou 650 °C. Dans une simple turbine à combustion, tout cela est perdu dans l'atmosphère. C'est justement ce gâchis que le cycle combiné va récupérer.

  4. 4
    Deuxième cycle : une chaudière de récupération

    Les fumées traversent un échangeur qui fabrique de la vapeur, laquelle entraîne une turbine à vapeur et un second alternateur, ou le même arbre selon les machines.

  5. 5
    Le démarrage reste rapide

    Une turbine à combustion seule démarre en dix minutes environ, ce qui en fait le moyen de pointe par excellence. L'ensemble du cycle combiné demande de trente minutes à une heure à froid, ce qui reste très souple comparé au charbon ou au nucléaire.

55 à 62 %

le rendement, contre 35 à 40 % pour une turbine à combustion seule

≈ 400

grammes de CO₂ par kWh, soit environ deux fois et demie moins que le charbon

10 min

le temps de démarrage d'une turbine à combustion, l'atout des centrales de pointe

Principe d'une centrale à gaz à cycle combiné : turbine à gaz et son générateur, chaudière de récupération, turbine à vapeur et son générateur, condenseur, pompe et cheminée.
Principe d'une centrale à gaz à cycle combiné : turbine à gaz et son générateur, chaudière de récupération, turbine à vapeur et son générateur, condenseur, pompe et cheminée. Source : SimplyScience.
À retenir. Le gaz reste une énergie fossile, mais sa souplesse en fait aujourd'hui l'outil qui comble les creux de production quand le vent tombe et que le soleil se couche. C'est sa vraie fonction sur le réseau, plus que la production de base.
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La centrale nucléaire

Une centrale nucléaire est une centrale à vapeur ordinaire dont la chaudière est remplacée par un réacteur. Toute la singularité tient dans la façon de produire la chaleur, et dans les trois circuits qui ne se mélangent jamais.

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    La fission libère la chaleur

    Un neutron frappe un noyau d'uranium 235, qui se casse en deux morceaux et libère au passage deux ou trois nouveaux neutrons, plus environ 200 millions d'électronvolts d'énergie. Ces neutrons vont casser d'autres noyaux : c'est la réaction en chaîne.

  2. 2
    L'eau ralentit les neutrons

    Les neutrons issus de la fission vont trop vite pour casser efficacement d'autres noyaux. L'eau du circuit primaire les freine par chocs successifs : c'est le rôle de modérateur. Conséquence de sécurité fondamentale : s'il n'y a plus d'eau, il n'y a plus de modérateur, et la réaction en chaîne s'arrête d'elle-même.

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    On pilote avec des absorbeurs de neutrons

    Des grappes de commande en alliage argent-indium-cadmium plongent plus ou moins dans le cœur, et du bore est dissous dans l'eau. Les deux capturent des neutrons : c'est le réglage fin de la puissance, et l'arrêt d'urgence quand toutes les grappes tombent d'un coup.

  4. 4
    Circuit primaire : chaud, sous pression, radioactif

    L'eau qui traverse le cœur en ressort à environ 320 °C, maintenue à 155 bars pour ne surtout pas bouillir. Elle est radioactive et reste enfermée dans le bâtiment réacteur, en boucle fermée.

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    Le générateur de vapeur sépare les mondes

    Cette eau chaude passe dans des milliers de tubes en U, autour desquels circule l'eau d'un second circuit, totalement indépendant. La chaleur traverse la paroi des tubes, mais rien d'autre. C'est ce circuit secondaire, non radioactif, qui produit la vapeur.

  6. 6
    Turbine, alternateur, condenseur

    À partir de là, tout est identique à une centrale au charbon. Un troisième circuit, prélevé en rivière ou en mer, refroidit le condenseur. Le panache blanc que l'on voit sortir des tours de refroidissement n'est que de la vapeur d'eau.

3 circuits

primaire radioactif, secondaire qui fait la vapeur, tertiaire de refroidissement, sans jamais se mélanger

155 bars

la pression du circuit primaire, qui empêche l'eau de bouillir à 320 °C

≈ 33 %

le rendement global, limité par la température modeste de la vapeur comparée à une flamme

Les trois circuits d'un réacteur à eau pressurisée : cuve, pressuriseur, pompe et générateur de vapeur dans le bâtiment réacteur, turbine, alternateur et condenseur en salle des machines, puis le circuit de refroidissement vers le fleuve ou la mer.
Les trois circuits d'un réacteur à eau pressurisée : cuve, pressuriseur, pompe et générateur de vapeur dans le bâtiment réacteur, turbine, alternateur et condenseur en salle des machines, puis le circuit de refroidissement vers le fleuve ou la mer. Source : EDF (2009), via l'ASNR.
À retenir. Le rendement d'une centrale nucléaire est plus faible que celui d'une centrale à gaz, et ce n'est pas grave : ce qui coûte cher dans un réacteur, ce n'est pas le combustible, c'est la machine. Un gramme d'uranium contient de toute façon des dizaines de milliers de fois plus d'énergie qu'un gramme de charbon.

Le cycle du combustible, de la mine aux déchets

🔌 Et pour voir tout cela en vrai : la production française heure par heure, filière par filière, est publiée en continu par RTE. Le simulateur de mix électrique 2050 du site permet de composer son propre parc de production et de vérifier s'il tient l'hiver. Ouvrir le simulateur.