🚊 Empreinte carbone des moyens de transport
Le même kilomètre ne coûte pas du tout la même chose selon la façon dont on le parcourt. Voici les modes de transport rangés par kilomètre et par voyageur, de la marche à l'avion long-courrier. C'est le classement qui rend visible le facteur cent entre le train et l'avion.
En grammes de CO₂ équivalent par kilomètre et par voyageur, du plus sobre au plus émetteur. Les voitures sont comptées avec une seule personne à bord : à deux, on divise par deux.
Trois enseignements. Le rapport est de 1 à 100 entre le TGV et l'avion court-courrier sur la même distance. La voiture partagée change tout : à quatre dans une essence, on tombe à 55 g, sous la voiture électrique solo. Et pour l'avion, la moitié de l'effet réchauffant n'est pas du CO₂ mais des traînées de condensation, une part que beaucoup de calculateurs oublient encore.
Sources et hypothèses de calcul, mode par mode
Ces valeurs sont des ordres de grandeur, pas des mesures. Elles dépendent du taux de remplissage, du véhicule et de la distance parcourue. Base de référence : la Base Empreinte de l'Ademe et son outil Impact CO₂. Les valeurs des voitures essence et diesel sont recalculées à partir des consommations que tu vois affichées, pour que le calcul soit vérifiable.
- Marche : 0 gCO₂e/voyageur.km
- Zéro par convention, comme dans la Base Carbone de l'Ademe : l'alimentation du marcheur n'est pas imputée au déplacement, sinon il faudrait aussi compter les repas du conducteur.
- Vélo mécanique : 2 gCO₂e/voyageur.km
- Aucune émission à l'usage. Les 2 g correspondent à la fabrication et à l'entretien du vélo, amortis sur environ 20 000 km de durée de vie.
- TGV : 2,9 gCO₂e/voyageur.km
- L'Ademe retient environ 2,9 gCO2e par voyageur-kilomètre au total. La part « usage » vient de l'électricité de traction ; la part « infrastructure » correspond au béton, à l'acier et aux terrassements de la ligne à grande vitesse, amortis sur sa durée de vie et son trafic. Cette seconde part est la plus discutée : selon la durée d'amortissement retenue et la fréquentation de la ligne, les estimations publiées vont de 1 à 3 g.
- Métro, RER : 4 gCO₂e/voyageur.km
- Valeur Ademe. Électricité française très bas carbone et taux de remplissage élevé aux heures de pointe.
- Vélo à assistance électrique : 11 gCO₂e/voyageur.km
- Valeur Ademe. Inclut la fabrication du vélo et de sa batterie, ainsi que l'électricité de recharge. Une recharge complète de 0,4 kWh permet plus de 100 km.
- Train moyen en France : 25 gCO₂e/voyageur.km
- Moyenne pondérée de l'ensemble du trafic ferroviaire voyageurs, TER et Intercités compris. Bien plus élevée que le TGV seul, car les TER circulent souvent peu remplis et une partie du réseau n'est pas électrifiée.
- Autocar longue distance : 30 gCO₂e/voyageur.km
- Un autocar bien rempli répartit la consommation de gazole sur une cinquantaine de voyageurs, ce qui en fait le mode routier le plus sobre.
- Voiture électrique citadine : 60 gCO₂e/voyageur.km
- Une personne à bord. Environ 15 kWh aux 100 km sur le mix électrique français, soit une dizaine de grammes par kilomètre à l'usage. L'essentiel du reste vient de la fabrication du véhicule et de sa batterie, amortie sur 200 000 km.
- Autobus urbain : 95 gCO₂e/voyageur.km
- Bus thermique en usage urbain. Valeur élevée malgré la mutualisation, à cause des arrêts fréquents et surtout des heures creuses où le bus roule presque vide. Un bus électrique tombe autour de 22 g.
- Avion long-courrier : 180 gCO₂e/voyageur.km
- La combustion du kérosène représente environ 90 g par voyageur-kilomètre, la phase de croisière étant efficace. Mais l'avion émet aussi de la vapeur d'eau et des oxydes d'azote en altitude, qui forment des traînées et des cirrus artificiels retenant la chaleur. Le consensus scientifique retient que cet effet double approximativement le forçage radiatif : c'est pourquoi la part bleu ciel est ici égale à la part kérosène.
- Voiture diesel (6 L/100 km) : 216 gCO₂e/voyageur.km
- Une personne à bord. 6 L/100 km × 3,1 kgCO2e par litre (2,66 kg de combustion, plus l'extraction et le raffinage), soit 186 g/km, auxquels s'ajoutent environ 30 g/km de fabrication du véhicule amortie sur 200 000 km.
- Voiture essence (7 L/100 km) : 219 gCO₂e/voyageur.km
- Une personne à bord. 7 L/100 km × 2,7 kgCO2e par litre (2,28 kg de combustion, plus l'amont pétrolier), soit 189 g/km, auxquels s'ajoutent environ 30 g/km de fabrication du véhicule.
- Avion court-courrier : 225 gCO₂e/voyageur.km
- Plus émetteur au kilomètre que le long-courrier, car le décollage et la montée consomment énormément et sont amortis sur une courte distance. Traînées de condensation incluses, sur le même principe que le long-courrier.