🌍 Déclic Climatique
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← L'urgence climatique

🔺 Le triangle de l'inaction

Qui doit agir ? Chacun se renvoie la balle

Face à l'urgence, une question revient sans cesse : qui doit agir ? Et c'est là que se joue le grand blocage. Les politiques, les entreprises et les particuliers se renvoient mutuellement la balle, chacun attendant que les deux autres commencent. C'est le triangle de l'inaction.

« C'est aux entreprisesd'innover et depolluer moins »« On ne fait querépondre à la demandedes clients »« Sans lois ni aides,que peut-onfaire seuls ? »« C'est aux grossesindustries et grospollueurs de réduireleurs émissions »« Je fais ce qui mepermettra d'être réélu,même si sur le long termec'est néfaste »🏛️Politique /gouvernement🧍Particuliers🏢EntreprisesLe trianglede l'inaction

Chacun renvoie la responsabilité d'agir aux deux autres.

En réalité, les trois leviers sont liés et complémentaires. Voici, acteur par acteur, où se situe le vrai pouvoir d'action.

🏛️ La politique : ton vote est ton premier geste climat

En France, pays démocratique, c'est le citoyen qui, par son vote, élit les représentants politiques qui voteront ensuite les lois et réglementations en faveur de la transition énergétique et écologique. Trois scrutins sont particulièrement décisifs pour le climat :

  • La présidentielle. Le président de la République donne le cap : il nomme le gouvernement, oriente la politique énergétique nationale (nucléaire, renouvelables, rénovation), pèse dans les négociations internationales sur le climat et peut engager, ou freiner, les grands investissements de la transition.
  • Les législatives, en France et en Europe. Les députés (Assemblée nationale et Parlement européen) votent concrètement les lois. C'est un scrutin tout aussi important : une grande partie de la réglementation environnementale qui s'applique en France est décidée au niveau européen.
  • Les municipales, à l'échelle de la ville. Le maire agit sur ton quotidien immédiat : pistes cyclables, transports en commun, zones à faibles émissions, végétalisation.

Ce sont ces élus qui peuvent interdire les voitures thermiques dans les villes, contraindre les propriétaires à isoler un minimum le logement qu'ils mettent en location, et voter les budgets et mécanismes financiers de la transition : taxation du kérosène (aujourd'hui moins cher que le diesel ou l'essence, car largement détaxé), subventions pour les pompes à chaleur, aides à la mobilité électrique, etc.

🧍 Les particuliers : un pouvoir bien réel sur son empreinte

En France, l'empreinte carbone moyenne d'un particulier est d'environ 10 tonnes de CO₂e par an. Or, pour la plupart des gens, elle peut assez facilement descendre autour de 5 tCO₂e, soit une division par deux, en agissant sur les gros postes : la voiture, le chauffage et l'alimentation. Ce ne sont pas de petits gestes symboliques, mais les grands changements qui comptent vraiment. C'est tout l'objet de la rubrique « Devenir écoyolo » de ce site.

🏢 Les entreprises : agir de l'intérieur, malgré la logique du profit

Les entreprises peuvent d'elles-mêmes mettre en place des politiques ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) et des mesures écologiques concrètes. Chacun, à son échelle, peut faire bouger les choses de l'intérieur grâce à son activité professionnelle. Mais dans la pratique, une entreprise n'a qu'un seul objectif structurant : maximiser son profit. On ne risque donc pas de voir Total arrêter du jour au lendemain son activité pétrolière et gazière : c'est très rentable, et il y a une demande.

⛽ Le cas Total : pourquoi l'offre ne baissera pas toute seule

TOTALTotalEnergies

Évocation stylisée du changement de nom de 2021 (« Total » → « TotalEnergies »). Les logos officiels sont des marques déposées du groupe.

Mon avis (Stanislas Goubault) : il est à mon sens utopique de penser, ou d'obliger, Total à arrêter la recherche de nouveaux gisements d'hydrocarbures. Même sans exploration de nouveaux champs, la production d'un producteur ne baisse que d'environ 4 à 6 % par an (déclin naturel des champs existants, IEA). Or la demande mondiale de pétrole et de gaz fossile, elle, ne baisse pas à ce rythme. Résultat : réduire l'offre ferait d'abord monter les prix, puis un autre pétrolier ou gazier viendrait approvisionner la France pour satisfaire sa demande. On n'aurait rien réglé.

💡 Le point le plus important : c'est à la demande de baisser, pas seulement à l'offre. Et c'est principalement le particulier qui peut la faire baisser, aidé par le gouvernement et la politique.

Concrètement, chacun peut : réduire ses trajets en avion (moins de kérosène), réduire ses trajets en voiture thermique, passer à l'électrique, prendre davantage le train, et installer une pompe à chaleur chez soi en supprimant sa chaudière gaz ou fioul. Mais le gouvernement doit aussi aider le particulier à financer ces investissements, les rendre accessibles et intéressants financièrement, en jouant sur les taxes d'un côté et les subventions de l'autre. C'est aussi pour ça qu'il est essentiel de voter.

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