🌍 Déclic Climatique
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🌱 Devenir écoyolo

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Écoyolo, c'est un mot que j'ai inventé pour décrire l'état d'esprit qu'il faut, selon moi, adopter : profiter de la vie tout en préservant la planète.

🌱 écolo+😎 yolo=🌍 écoyolo

Au départ, j'étais plutôt « yolo », You Only Live Once, en me disant qu'il faut profiter de la vie puisqu'on n'en a qu'une. Mais on n'a aussi qu'une seule Terre, avec des ressources finies et des contraintes écologiques. Il faut donc être aussi un minimum écolo pour préserver cette planète, qui est finalement notre radeau de survie dans le système solaire et, plus largement, dans l'univers. C'est aussi un devoir citoyen : respecter les générations futures en préservant l'équilibre et la possibilité de la vie sur Terre. J'ai donc décidé, il y a quelques années, à la sortie de mon école d'ingénieurs, de devenir de plus en plus écolo en faisant attention, notamment à mon empreinte carbone, mais aussi à mon empreinte environnementale au sens large, car il n'y a pas que le CO₂ qui pose problème. Toutes les autres limites planétaires, comme l'effondrement de la biodiversité, comptent aussi.

Un Français moyen est à environ 10 tonnes de CO₂ par an, alors qu'il faudrait être au maximum à 2 tonnes de CO₂ par an et par humain pour maintenir le réchauffement sous +2 °C d'ici 2100. Comme il est très difficile de descendre à 2 tonnes, ne serait-ce qu'à cause des dépenses publiques, réparties sur chaque Français, qui pèsent déjà environ 1,4 tonne, il est plus réaliste de viser une empreinte de 3 à 4 tonnes. C'est déjà plus de deux fois mieux que la moyenne française, et mieux que la moyenne d'un Terrien, qui se situe autour de 6,5 à 7 tonnes.

Passe à l'action ! Ces simulateurs t'aident à mesurer ce que les grands changements te rapportent vraiment : des euros économisés chaque année et des tonnes de CO₂ évitées.

📊 L'empreinte carbone d'un Français : 9,9 tonnes de CO₂e par an

Où sont les grosses masses ? Les cinq postes de l'empreinte moyenne

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Avant d'agir, autant savoir où sont les grosses masses. Voici les cinq postes qui composent l'empreinte moyenne, les leviers ci-dessous agissent sur les plus gros d'entre eux.

Infographie MyCO2 (Carbone 4) : répartition de l'empreinte carbone moyenne d'un Français
Infographie MyCO2, Carbone 4.
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Répartition MyCO2 (Carbone 4), empreinte moyenne en France en 2019 : déplacements 2 650 kg (dont voiture 2 030 kg, avion 430 kg), alimentation 2 350 kg (dont viande 920 kg, boissons 450 kg, lait et œufs 390 kg, poisson 120 kg), logement 1 900 kg (dont gaz et fioul 1 180 kg, construction 440 kg), achats 1 600 kg et dépenses publiques 1 400 kg. En comptant tous les produits animaux (viande, lait, œufs, poisson), on atteint 1 430 kg, soit 14 % de l'empreinte totale. Le total de 9,9 t est supérieur à l'estimation officielle du ministère car Carbone 4 y ajoute les traînées de condensation des avions, les gaz fluorés et la déforestation importée.

💰 La même empreinte selon qu'on est riche ou pauvre ?

Ce que le revenu change vraiment, et tout ce qu'il ne change pas

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L'empreinte moyenne d'un Français cache des écarts importants. Plus on gagne, plus on émet : c'est le premier facteur explicatif de l'empreinte carbone, devant la région d'habitation ou l'âge.

Revenu du foyer inférieur à 750 €/mois7 tCO₂e/an
Empreinte moyenne8,5 tCO₂e/an
Revenu du foyer supérieur à 6 500 €/mois12 tCO₂e/an

Empreinte carbone individuelle selon le revenu mensuel du foyer, en tonnes de CO₂ équivalent par an. Étude Citepa / Association Bilan Carbone (2023), sur 4 096 adultes représentatifs de la population française.

Qui émet le CO₂ ?

Les 10 % qui émettent le plus25 % des émissions
Les 10 % qui émettent le moins5 % des émissions

Part de l'empreinte carbone nationale, France, Citepa / ABC (2023). À l'échelle mondiale, l'écart est bien plus violent encore : d'après Oxfam, les 10 % les plus riches de la planète sont responsables d'environ la moitié des émissions mondiales.

C'est injuste, et il faut le dire

Un ménage aisé émet beaucoup plus qu'un ménage modeste. En bonne logique, l'effort climatique devrait donc peser en priorité sur les plus riches, qui ont à la fois la plus grosse empreinte et les plus gros moyens d'en changer. Demander le même effort à tout le monde, en proportion, revient à faire porter le poids sur ceux qui émettent déjà le moins.

Mais l'essentiel de l'empreinte est le même pour presque tout le monde

C'est le point que l'on oublie systématiquement. Une grande partie de l'empreinte carbone d'un Français est physiquement bornée, et varie donc assez peu avec le revenu :

  • 🚗 La voiture.Tout le monde ou presque en a une, et un ménage riche ne fait pas 100 000 km par an. Au-delà d'un certain kilométrage, il n'y a tout simplement plus assez d'heures dans une journée.
  • 🥩 La viande. Un estomac reste un estomac : personne ne mange vingt fois plus de steaks hachés que la moyenne. On mange de la viande plus chère, pas vingt fois plus de viande.
  • 🔥 Le gaz et le fioul.Une maison plus grande consomme plus, mais personne ne chauffe 2 000 m² pour lui tout seul. Le facteur d'écart se compte en unités, pas en dizaines.

Les chiffres le confirment : entre les revenus les plus bas et les revenus les plus élevés, l'empreinte passe de 7 à 12 tonnes, soit un facteur 1,7 seulement, alors que l'écart de revenus, lui, se compte en facteur 10 ou plus.

Ce qui creuse vraiment l'écart : l'avion

Le poste qui explose avec le revenu, c'est le transport longue distance. Il pèse 25 % de l'empreinte moyenne, mais 39 % chez les foyers à plus de 6 500 €/mois. Et pour cause :

La conclusion écoyolo

Oui, c'est injuste. Non, cela ne dispense personne. Parce qu'un Français de la classe moyenne émet quand même autour de 10 tonnes de CO₂ par an, pour un objectif de 2 tonnes et une cible que je considère atteignable sans souffrir de 3 à 4 tonnes. Même en supprimant intégralement les excès des plus riches, la classe moyenne reste très au-dessus de la cible, et elle est, elle, très nombreuse.

Faire attention à son empreinte carbone n'est donc pas une absolution accordée aux plus riches : c'est une nécessité arithmétique, à mener en même temps que le combat pour que l'effort soit réparti équitablement.

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L'étude Citepa / Association Bilan Carbone estime une empreinte moyenne de 8,5 tCO₂e par adulte, un peu en dessous des ~10 t de l'estimation MyCO₂ affichée plus haut : les méthodes diffèrent (questionnaire déclaratif Nos Gestes Climat d'un côté, comptabilité macro-économique de l'autre). Les ordres de grandeur et surtout les écarts, eux, concordent.

🌍 L'empreinte carbone par habitant dans le monde

Qui émet quoi ? Compare-toi au reste du monde

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Tout le monde n'émet pas la même chose. Voici les émissions de gaz à effet de serre par personne et par an, comparées à l'objectif de 2 tonnes nécessaire pour rester sous +2 °C.

🎯 Objectif 2 t
🇺🇸 Américain17,6 t
🇫🇷 Français9,9 t
🇨🇳 Chinois8,6 t
🇪🇺 Européen (UE)7,0 t
🌍 Terrien (moyenne)6,5 t
🇮🇳 Indien2,5 t
Empreinte territoriale (produite dans le pays)Émissions importées

La France émet 6,5 t sur son territoire, mais y ajoute 3,4 t importées(fabriquées ailleurs pour les produits qu'elle consomme) : soit une empreinte de consommation de 9,9 t. Viser 3 à 4 t reste donc bien mieux que la moyenne française et que la moyenne mondiale.

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Émissions de gaz à effet de serre par habitant (tous gaz, base territoriale, ~2022) : Américain ≈ 17,6 t, Chinois ≈ 8,6 t, Européen (UE) ≈ 7,0 t, moyenne mondiale ≈ 6,5 t, Français ≈ 6,5 t, Indien ≈ 2,5 t. Objectif d'environ 2 tCO₂e/hab pour un réchauffement limité à +2 °C.

Seule la France dispose ici de données d'émissions importées suffisamment fiables (SDES / Carbone 4) : son empreinte de consommation atteint ≈ 9,9 t, soit 6,5 t territoriales + 3,4 t importées. Pour les autres pays et régions, seule la part territoriale est représentée, faute de données d'importation comparables.

🚗⚡ Passer à la voiture électrique

20 % de ton empreinte

La voiture pèse à elle seule 2 030 kgCO₂e par an, soit le premier poste de l'empreinte d'un Français. Renseigne tes kilomètres, ton carburant et ta consommation : découvre tes économies en €/an et les tonnes de CO₂ évitées chaque année en passant à l'électrique (méthode ACV, sources IEA et Carbone 4).

🚗⚡ Simuler mon passage à l'électrique

🏠🌡️ Passer à la pompe à chaleur

12 % de ton empreinte

Le chauffage au gaz et au fioul représente 1 180 kgCO₂e par an, soit 62 % des émissions du logement. À partir de ta facture et de ton chauffage actuel (gaz, fioul, électrique ou bois) : la PAC recommandée, tes économies d'argent et de CO₂ par an.

🏠🌡️ Simuler mon passage à la PAC

🥗 Réduire l'empreinte de l'alimentation

14 % de ton empreinte

Les produits animaux (viande, fromage, poisson…) représentent 1 430 kgCO₂e par an. Comment réduire son assiette sans devenir végétarien, pourquoi le bœuf est à part, et pourquoi « manger local » ne suffit pas.

🥗 Réduire mon empreinte alimentaire

🛒 Réduire l'empreinte de mes achats

16 % de ton empreinte

Amazon, Temu, fast fashion : le poste « J'achète » pèse 1 600 kgCO₂e par an. L'impact de la livraison, des vêtements, et le réflexe qui change tout : le reconditionné et l'occasion.

🛒 Réduire l'empreinte de mes achats

🗳️ Voter pour les bons politiques qui voteront les bonnes lois

Le geste écologique le plus puissant de ta vie prend dix minutes tous les deux ou trois ans. Pourquoi les européennespèsent le plus lourd sur l'environnement, pourquoi c'est à l'Assemblée que tout se joue, parfois à trois voix près, et pourquoi le présidentcompte aussi puisqu'il nomme le gouvernement qui écrit les lois et signe les décrets.

🗳️ Comprendre le poids de mon vote

🏡 Son logement écoyolo

La marche à suivre, étape par étape et dans le bon ordre, pour rendre son logement le plus écologique possible : isolation, chauffage bas carbone, ventilation double flux et borne de recharge. Avec un parcours dédié en maison et un autre en appartement, parce que les contraintes n'ont rien à voir.

🏡 Rendre mon logement écologique et efficient énergétiquement

📊 Les ordres de grandeur du CO₂ pour agir efficacement sur son empreinte carbone

Pour comparer tous les gestes sur la même échelle : différents usages du quotidien classés par émissions croissantes, du clic Google au vol Paris–New York. L'outil idéal pour se faire une intuition des vrais ordres de grandeur.

📊 Voir les ordres de grandeur

🛠️ Solutions diverses aux problèmes environnementaux

Un tableau qui recense, problème par problème, la solution la plus pratique et la mieux documentée : de la poêle antiadhésive bourrée de PFAS au reste du quotidien. Chaque problème porte un numéro, qu'on retrouve un peu partout sur le site dans un petit cercle rouge.

🛠️ Voir le tableau des solutions

🌍 Une société durable

Tout ce qui précède, ce sont des gestes qu'on peut poser soi-même. Mais il faut être honnête : l'individu ne peut pas tout. La plupart de nos émissions sont décidées bien en amont, par l'urbanisme, l'offre de transport, la façon dont on produit et dont on construit. Alors à quoi ressemblerait, concrètement, une société qui tient dans les limites planétaires ?

Certainement pas à une société de privation. Plutôt à une société où le choix écologique devient le choix par défaut : le plus simple, le plus rapide et le moins cher. Voilà, selon moi, à quoi elle ressemblerait.

🚲

Se déplacer autrement

Beaucoup moins de voiture, beaucoup plus de vélo et de train. Des villes où le vélo est sûr et évident pour les trajets du quotidien, et un train qui redevient compétitif face à l'avion et à la voiture sur les moyennes distances.

Simuler mon empreinte transport

🚗

La voiture, quand elle est vraiment nécessaire

Parce qu'il restera des trajets sans alternative. Alors autant qu'elle soit électrique, de petite taille, et surtout remplie : le covoiturage divise l'empreinte d'un trajet par le nombre de passagers, sans rien changer au trajet lui-même.

Le simulateur voiture électrique

✈️

L'avion redevenu exceptionnel

Pas interdit, mais rare. Un vol long-courrier pèse environ 2 tonnes de CO₂e, soit la moitié d'un budget carbone annuel soutenable à lui tout seul. Une société durable en prend beaucoup moins, et pas quatre fois par an.

Mes convictions sur l'avion

🥗

Moins de viande et de poisson, et du bio

L'élevage est le premier poste de l'assiette, et la pêche industrielle vide les océans. Manger beaucoup moins de produits animaux est le levier numéro un. Et manger bio autant que possible, pour réduire la pression des pesticides sur les sols, l'eau et la biodiversité.

Réduire l'empreinte de mon assiette

🏠

Des logements sobres et confortables

Une pompe à chaleur dans un logement bien isolé, en maison comme en immeuble, avec des protections solaires extérieures pour passer l'été sans climatisation. Le meilleur des deux mondes : chaud en hiver, frais en été, et une facture qui s'effondre.

Rendre mon logement écologique

🍾

La consigne généralisée

On rapporte la bouteille, elle est lavée et remplie à nouveau. C'est la norme d'hier, et ça peut redevenir celle de demain, à condition d'être organisé à l'échelle du pays plutôt que laissé à la bonne volonté de chacun.

Comprendre la consigne

⚖️

Des richesses mieux réparties

Une société durable est aussi une société plus égalitaire, tout simplement parce que l'empreinte carbone explose avec le patrimoine. Une redistribution sérieuse rendrait matériellement impossibles le yacht privé et le jet privé, dont l'empreinte d'un seul propriétaire dépasse celle de centaines de personnes.

L'empreinte carbone du luxe

🔧 L'économie de la fonctionnalité : utiliser plutôt que posséder

C'est sans doute le changement le plus profond, et le plus enthousiasmant. L'idée tient en une phrase : ce dont on a besoin, ce n'est presque jamais l'objet, c'est ce qu'il permet de faire. Personne ne veut une perceuse. Ce qu'on veut, c'est un trou dans un mur.

Or, une perceuse de particulier tourne en moyenne quelques dizaines de minutes sur toute sa vie. Le reste du temps, elle dort dans un placard. Multiplie ça par le nombre de foyers de ton immeuble ou de ta rue, et tu obtiens des dizaines d'objets identiques, fabriqués, transportés, stockés, pour un usage cumulé ridicule. Même histoire pour la tondeuse, la ponceuse, la remorque, la raclette à fondue ou la shampouineuse.

Dans une économie de la fonctionnalité, on loue, on emprunte ou on partage ces objets au lieu de les acheter. Le fabricant a alors intérêt à ce qu'ils durent le plus longtemps possible et soient réparables, puisqu'il est payé à l'usage et non à l'unité vendue. C'est l'exact inverse de l'obsolescence programmée.

Logo de Les Biens en Commun

Les Biens en Commun est un exemple très concret de cette idée : des points de location d'objets du quotidien installés en libre-service, où l'on réserve un appareil pour quelques heures ou quelques jours, pour quelques euros. Outils de bricolage, jardinage, entretien, matériel de fête : des objets chers, encombrants, et qu'on utilise une à deux fois par an.

💬 Mon exemple préféré : la shampouineuse

J'adore la shampouineuse aspirateur. Une fois par an, je fais les canapés, les fauteuils, les matelas et l'intérieur de la voiture. Le résultat est spectaculaire, et ça prolonge nettement la durée de vie de tout ce petit monde.

Sauf que c'est un appareil qui vaut de l'ordre de 300 € et qui servirait une journée par an. Autrement dit : 364 jours de placard. Je le loue donc pour quelques euros, et cet appareil-là sert à des dizaines de foyers au lieu de dormir chez moi. Même service, aucune fabrication supplémentaire, et beaucoup moins cher pour tout le monde.

Aucune de ces briques n'est de la science-fiction : le vélo, le train, la pompe à chaleur, la consigne et la location d'objets existent déjà, et fonctionnent déjà. Ce qui manque, ce n'est pas la technologie, c'est la décision collective de les généraliser. D'où l'importance de pour qui on vote.