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🚉 Se déplacer

Un moteur, quel qu'il soit, ne fait qu'une seule chose : transformer une énergie en rotation, puis pousser sur le sol ou sur le rail. Ce qui change d'un véhicule à l'autre, c'est d'où vient cette énergie, combien de transformations elle subit avant d'arriver à la roue, et ce qu'on récupère au freinage.

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Le train électrique

Le train ne transporte pas son énergie : il la prend au fur et à mesure dans un fil tendu au-dessus de lui. C'est ce qui lui permet d'être à la fois très puissant et très léger par rapport à ce qu'il déplace.

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    La caténaire apporte le courant

    Sur les lignes modernes et les LGV, c'est du 25 000 V alternatif à 50 Hz, directement dérivé du réseau. Sur le réseau historique du sud de la France, c'est du 1 500 V continu, plus ancien et qui demande beaucoup plus de courant pour la même puissance.

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    Le pantographe frotte sur le fil

    Une bande en carbone, poussée vers le haut par un ressort ou un vérin, glisse sous le fil de contact. Le carbone s'use volontairement, pour préserver le cuivre du fil, bien plus coûteux à remplacer. Le courant revient par les rails.

  3. 3
    Le transformateur et l'électronique adaptent

    Un transformateur abaisse les 25 000 V, un redresseur les transforme en continu, puis un onduleur fabrique un courant alternatif à fréquence variable. C'est cette fréquence qui commande la vitesse des moteurs.

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    Les moteurs sont dans les bogies

    Des moteurs asynchrones triphasés entraînent les essieux à travers un réducteur. Sur un TGV, ils sont concentrés dans les motrices ; sur une rame automotrice type Régiolis ou TER, ils sont répartis sous les voitures.

  5. 5
    Le freinage renvoie l'énergie

    En freinant, les moteurs deviennent des générateurs et renvoient le courant dans la caténaire, où il sert à un autre train en train d'accélérer. Si personne n'en veut, l'énergie est brûlée dans des résistances sur le toit.

10 fois moins

de résistance au roulement pour de l'acier sur de l'acier que pour un pneu sur du bitume

8 800 kW

la puissance d'une rame TGV sous 25 000 V, soit environ 12 000 chevaux

≈ 2 g

de CO₂ par voyageur-kilomètre en France, contre 100 à 200 pour une voiture thermique

À retenir. Le train doit sa sobriété à deux choses très concrètes : le contact acier sur acier, qui ne déforme presque rien et donc ne perd presque rien, et le fait qu'il n'emporte ni carburant ni batterie.
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La voiture thermique

Quatre temps, dont un seul produit de l'énergie. Un moteur à essence ou diesel passe l'essentiel de son temps à se préparer à travailler, et l'essentiel de son énergie à chauffer l'air ambiant.

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    Admission

    Le piston descend et aspire de l'air, mélangé à du carburant pulvérisé par les injecteurs.

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    Compression

    Le piston remonte et comprime ce mélange : dix fois environ en essence, seize à vingt fois en diesel. Comprimer un gaz le chauffe fortement, ce qui est justement le principe du diesel.

  3. 3
    Combustion et détente

    En essence, la bougie déclenche l'étincelle au bon moment. En diesel, il n'y a pas de bougie d'allumage : le gazole injecté s'enflamme spontanément dans l'air devenu brûlant par la compression. Dans les deux cas, la pression pousse le piston vers le bas. C'est le seul temps qui produit du travail.

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    Échappement

    Le piston remonte et chasse les gaz brûlés vers le catalyseur et le filtre à particules.

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    Bielle, vilebrequin, boîte de vitesses

    Le va-et-vient devient rotation. Comme un moteur thermique ne donne du couple que dans une plage étroite de régime, entre 1 500 et 5 000 tours par minute environ, et qu'il cale à l'arrêt, il lui faut un embrayage et une boîte de vitesses pour s'adapter à la vitesse de la voiture.

20 à 35 %

de l'énergie du carburant qui arrive réellement aux roues, le reste part en chaleur et en frottements

1 temps sur 4

produit de l'énergie, les trois autres en consomment

2,3 kg

de CO₂ émis par litre d'essence brûlé, et 2,7 kg par litre de gazole

Animation des quatre temps d'un cylindre. Le chiffre en haut à gauche donne le temps en cours : 1, admission, le piston descend et aspire le mélange ; 2, compression, il remonte soupapes fermées ; 3, explosion, la combustion le repousse vers le bas, le seul temps qui produit du travail ; 4, échappement, il remonte et éjecte les gaz brûlés.
Animation des quatre temps d'un cylindre. Le chiffre en haut à gauche donne le temps en cours : 1, admission, le piston descend et aspire le mélange ; 2, compression, il remonte soupapes fermées ; 3, explosion, la combustion le repousse vers le bas, le seul temps qui produit du travail ; 4, échappement, il remonte et éjecte les gaz brûlés. Source : à préciser.
À retenir. Un litre d'essence contient environ 9,5 kWh d'énergie. Sur les 62 kWh contenus dans les 6,5 litres d'une consommation moyenne aux 100 km, seuls 15 à 20 arrivent aux roues. Tout le reste réchauffe l'atmosphère.
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La voiture électrique

La même fonction avec trois fois moins de pièces : plus d'embrayage, plus de boîte de vitesses, plus d'échappement, plus de circuit de refroidissement de combustion. Un moteur électrique donne son couple maximal dès zéro tour par minute.

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    La batterie fournit du continu

    Des centaines de cellules assemblées en série et en parallèle donnent une tension de 350 à 800 volts. Plus la tension est haute, moins il faut de courant pour la même puissance, et plus la charge rapide est facile.

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    L'onduleur est le vrai cerveau

    Il découpe le courant continu des milliers de fois par seconde pour fabriquer un courant triphasé dont il règle à la fois la fréquence et l'amplitude. C'est lui qui traduit la pédale d'accélérateur en couple.

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    Le moteur tourne sans contact

    Le plus souvent un moteur synchrone à aimants permanents, parfois à rotor bobiné comme chez Renault, ce qui évite les terres rares. Il n'y a ni frottement de combustion, ni ralenti : à l'arrêt, il ne consomme rien.

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    Un réducteur à rapport unique suffit

    Le moteur tourne utilement de 0 à 15 000 tr/min : une seule démultiplication couvre toute la plage de vitesse de la voiture. D'où la disparition de la boîte de vitesses.

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    Le freinage recharge la batterie

    En levant le pied, le moteur devient générateur et renvoie du courant dans la batterie. En ville, cela récupère une part importante de l'énergie de freinage, ce qui explique le paradoxe : une voiture électrique consomme moins en ville que sur autoroute.

85 à 90 %

de l'énergie de la batterie qui arrive aux roues, contre 20 à 35 % pour un moteur thermique

≈ 15 kWh

consommés aux 100 km, contre l'équivalent de 62 kWh d'essence pour la même distance

0 tr/min

le régime auquel le couple maximal est déjà disponible

À retenir. Le gain n'est pas dans le moteur seul, il est dans toute la chaîne : pas de chaleur perdue à la combustion, pas de ralenti, et une partie du freinage récupérée. C'est ce qui fait le facteur trois ou quatre sur l'énergie consommée au kilomètre.

Ce qui se passe chimiquement dans la batterie

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Le tramway

Techniquement, c'est un train qui roule dans la rue. Toute son ingénierie consiste à concilier le rail, qui ne pardonne rien, avec la voirie urbaine, ses piétons et ses carrefours.

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    Des sous-stations tous les kilomètres

    Le réseau public arrive en haute tension dans des sous-stations réparties le long de la ligne, qui abaissent et redressent le courant en 750 V continu, la tension standard du tramway.

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    Une caténaire légère et discrète

    Bien plus fine que celle d'un train, parce que la vitesse est faible et la puissance modeste. Le rail noyé dans la chaussée assure le retour du courant.

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    Plancher bas intégral

    Moteurs, onduleurs et climatisation sont montés sur le toit, ce qui libère complètement l'intérieur et permet d'entrer de plain-pied depuis le quai. C'est la vraie rupture des tramways modernes par rapport à ceux d'avant-guerre.

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    Trois freinages superposés

    Le freinage électrique d'abord, qui renvoie l'énergie aux autres rames ou la dissipe dans des résistances de toiture. Le freinage mécanique ensuite. Et en urgence, des patins magnétiques qui viennent se coller directement sur le rail, indépendamment de l'adhérence des roues.

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    Les variantes sans fil

    Pour préserver certains centres historiques, il existe l'alimentation par le sol, inaugurée à Bordeaux, où seul le tronçon de rail situé sous la rame est mis sous tension, et le biberonnage par supercondensateurs, rechargés à chaque station.

750 V

la tension continue standard d'un réseau de tramway

300 à 400

voyageurs dans une rame de 40 mètres, soit une file de plus de 200 voitures en heure de pointe

5 000

voyageurs par heure et par sens qu'une ligne peut écouler, un ordre de grandeur inatteignable en voiture

À retenir. Le tramway ne va pas plus vite qu'un bus en pointe de vitesse. Son intérêt est ailleurs : le débit, la régularité liée au site propre, et une durée de vie de matériel de trente à quarante ans.
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Le métro

Sous terre, plus de place pour une caténaire : le courant arrive par un troisième rail posé le long de la voie. Et comme les stations sont proches, tout est optimisé pour accélérer et freiner sans arrêt.

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    Le troisième rail remplace la caténaire

    Un rail latéral sous tension, en 750 V continu, sur lequel glisse un frotteur monté sur le bogie. C'est plus compact dans un tunnel, mais cela impose que la voie soit totalement inaccessible au public.

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    Fer ou pneu, selon les lignes

    À Paris coexistent des lignes classiques sur rail et des lignes sur pneumatiques, comme les lignes 1, 4, 6, 11 et 14. Les pneus montent des rampes plus fortes et accélèrent plus vite, mais ils consomment davantage, s'usent et chauffent beaucoup plus.

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    L'automatisme rapproche les rames

    Sur les lignes automatiques, chaque rame connaît sa position au mètre près et dialogue en continu avec le système, ce qui permet de réduire l'intervalle bien en deçà de ce qu'un conducteur peut tenir. C'est le pilotage automatique de type CBTC.

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    Des portes palières pour tenir la cadence

    Elles ne servent pas qu'à la sécurité : elles empêchent les objets de tomber sur la voie, cause classique d'interruption, et elles permettent de garantir des temps d'arrêt en station très courts.

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    Le freinage réchauffe les tunnels

    Une partie de l'énergie de freinage repart vers les rames qui démarrent au même moment, le reste finit en chaleur dans les résistances et les freins. Multipliée par des centaines de milliers de freinages par jour, c'est l'une des raisons pour lesquelles les tunnels du métro parisien se réchauffent d'année en année.

85 s

l'intervalle entre deux rames sur la ligne 14 en heure de pointe

750 V

la tension du troisième rail

3 lignes

entièrement automatiques à Paris : les lignes 1, 4 et 14

À retenir. Le métro est le mode de transport le plus efficace au monde en énergie par voyageur transporté, non pas grâce à son moteur, mais grâce à son taux de remplissage : c'est le nombre de personnes par rame qui fait tout le bilan.
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