🌍 Déclic Climatique
Menu

🚦 Données sur le transport

Combien de kilomètres parcourt-on en France, par quel mode, et comment cela évolue ? Cette page reprend les chiffres officiels du SDES, le service statistique du ministère de la Transition écologique, sans retraitement. Elle sera complétée progressivement avec d'autres séries du même jeu de données.

🚗 Combien de kilomètres parcourt un Français, en 2024

Distance parcourue par habitant et par an, mode par mode, tous motifs confondus.

Un Français parcourt en moyenne 15 800 km par an, tous modes confondus, soit environ 43 km par jour.

Véhicules particuliers12 946 km(81,8 %)
Transports ferrés1 875 km(11,8 %)
Autocars, autobus, tramways823 km(5,2 %)
Transport aérien intérieur190 km(1,2 %)
Vols internationaux et outre-merHors champ SDES, estimation2 677 km

Pourquoi cette cinquième barre ?Parce que sans elle, ce graphique ferait mentir l'avion. Le « transport intérieur » du SDES ne compte que les vols métropole–métropole, soit 1,2 % des kilomètres, alors que 83 % des passagers aériens en France partent à l'international. Une fois les vols internationaux réintégrés, l'avion passe de 190 à environ 2 700 km par Français et par an, et devient le deuxième mode de déplacement, devant le train.

Côté émissions, l'écart est encore plus net : d'après la DGAC, l'aérien intérieur métropolitain pesait 2,1 MtCO₂ contre 18,5 MtCO₂ pour l'international, soit près de neuf fois plus.

Kilomètres parcourus par habitant et par an en 2024, tous motifs confondus. Calcul : voyageurs-kilomètres du SDES divisés par les 66,1 millions d'habitants de la France métropolitaine au 1ᵉʳ janvier 2024 (Insee). Il s'agit d'une moyenne sur toute la population, nourrissons et personnes âgées compris.

Pourquoi 66,1 millions et non les 69,1 millions de Français cités ailleurs sur le site ? Parce que le champ des données du SDES est la France hors outre-mer, et qu'elles portent sur 2024. Diviser des kilomètres parcourus en métropole par une population qui inclut l'outre-mer sous-estimerait le résultat d'environ 4 %. Chaque chiffre est rapporté à la population de son propre territoire.

La barre hachurée n'est pas un chiffre SDES, c'est une estimation, faite ici, à partir de trois sources officielles : la DGAC recense 300,8 milliards de passagers-kilomètres pour l'ensemble du trafic touchant la France (2019, 179,6 millions de passagers), soit ≈ 298 milliards au niveau de trafic de 2024 (178,0 millions de passagers) ; on en retire les 12,6 milliards du trafic intérieur ; et l'on ne retient que les 62 % de passagers qui résident en France, d'après l'Enquête nationale auprès des passagers aériens (ENPA, DGAC). Recoupement : ces 2 700 km correspondent à environ 350 kgCO₂e par an avec un facteur d'émission traînées comprises, du même ordre que les 430 kgCO₂e attribués à l'avion dans l'empreinte carbone moyenne d'un Français (MyCO2, Carbone 4). À prendre pour ce que c'est : un ordre de grandeur, pas une mesure.

Un Français parcourt en moyenne près de 16 000 km par an, soit 43 km par jour, week-ends et jours de congé inclus. C'est l'équivalent de quarante fois la traversée de la France, chaque année, pour chaque habitant.

Et sur ces 16 000 km, près de 13 000 se font en voiture. En France, se déplacer, c'est presque toujours prendre sa voiture : c'est là que se joue l'essentiel de l'empreinte carbone des déplacements du quotidien.

Mais attention au piège de la statistique officielle : le « transport intérieur » exclut les vols internationaux, qui représentent pourtant l'essentiel de l'aérien. Une fois réintégrés, l'avion double le train et devient le deuxième mode de déplacement des Français en distance ; et de très loin le premier en émissions par kilomètre.

📈 L'évolution depuis 2012

Transport intérieur de voyageurs par mode, en milliards de voyageurs-kilomètres. Attention : comme toute la série SDES, la courbe aérienne ne compte que les vols métropole–métropole, pas l'international.

Véhicules particuliersTransports ferrésAutocars, autobus, tramwaysTransport aérien
02004006008001 000
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24

En milliards de voyageurs-kilomètres. Survole une année pour le total.

Trois choses ressortent. Le trou de 2020 est spectaculaire : le total chute de 1 078 à 824 milliards de voyageurs-kilomètres, et l'aérien perd plus de la moitié de son trafic. Le train est le grand gagnant de la décennie: seul mode nettement au-dessus de son niveau d'avant crise, à 124 milliards de voyageurs-kilomètres en 2024 contre 109 en 2019, soit +13 %.

Et surtout, la voiture n'a pas retrouvé son pic de 2019 : 856 milliards de voyageurs-kilomètres en 2024 contre 892 cinq ans plus tôt. Le télétravail est passé par là. Le total, lui, dépasse tout juste son niveau de 2019, à 1 047 milliards.

✈️ Qui prend vraiment l'avion ?

Les moyennes ci-dessus écrasent une réalité très inégale : le recours à l'avion dépend massivement du niveau de revenus.

À quelle fréquence les Français prennent-ils l'avion ?

Jamais : 33 %Exceptionnellement : 35 %Une à deux fois par an : 21 %Plusieurs fois par an : 9 %Plusieurs fois par mois : 2 %
33 %
35 %
21 %
9 %
≈ 1/3

des Français prennent l'avion au moins une fois dans l'année (33 à 36 % selon les enquêtes).

≈ 2/3

ne montent donc jamaisdans un avion au cours d'une année donnée.

Qui se trouve dans les avions, comparé à la population

Part dans les passagers aériensPart dans la population
Les 20 % de ménages les plus aisés40 %vs 20 % de la population
Les 20 % de ménages les plus modestes11,7 %vs 20 % de la population
Cadres supérieurs37 %vs 14 % de la population
Ouvriers8 %vs 21 % de la population

Lecture : les 20 % de ménages les plus aisés forment 40 % des passagers présents dans les avions, alors qu'ils ne représentent, par définition, que 20 % de la population. À caractéristiques comparables (âge, sexe, lieu de vie), appartenir aux 10 % des Français aux revenus les plus élevés plutôt qu'aux 10 % qui gagnent le moins multiplie par 4 les chances de prendre l'avion.

Une pratique très concentrée

76 %

des vols sont réalisés par 20 % des voyageurs seulement.

90 %

des kilomètres parcourus en avion le sont par ces mêmes 20 %, parce qu'ils volent aussi plus loin.

×3

c'est le rapport, à âge égal, entre le nombre de vols des ménages les plus aisés et celui des plus modestes.

La réponse tient en une phrase : environ deux Français sur trois ne prennent pas l'avion au cours d'une année donnée. L'avion n'est pas un mode de transport de masse, c'est un mode de transport de minorité, et cette minorité est nettement plus aisée et plus urbaine que la moyenne.

Deux conséquences. D'abord, quand on parle de sobriété aérienne, on parle d'un effort qui, mécaniquement, ne concerne pas la majorité de la population. Ensuite, à l'échelle individuelle, l'avion est le poste qui creuse le plus l'écart entre les empreintes carbone : c'est précisément ce qui explique qu'un ménage aisé émette bien plus qu'un ménage modeste, alors que la voiture, la viande et le chauffage se ressemblent beaucoup d'un revenu à l'autre.

📦 Le transport de marchandises, en 2024

Parts modales du transport terrestre de marchandises, hors oléoducs, en tonnes-kilomètres.

Poids lourds et VUL, pavillon français52 %
Poids lourds, pavillon étranger37 %
Ferroviaire9 %
Fluvial2 %

La route représente 89 % du fret terrestreune fois additionnés les pavillons français et étranger. Le ferroviaire ne pèse que 9 % et le fluvial 2 %, alors que ce sont les deux modes les plus sobres en carbone. C'est là que se situe le principal gisement de décarbonation du secteur, et il ne bouge pas.

🚚 Dix ans d'évolution du fret

Transport intérieur terrestre de marchandises par mode, en indice base 100 en 2014.

RoutierFerroviaireFluvial
6080100120141618202224

Indice base 100 en 2014, en tonnes-kilomètres.

Le contraste est net. La route progresse régulièrement, à +12 % en dix ans. Le ferroviaire fait du surplace, revenu exactement à son niveau de 2014 après une chute brutale en 2023. Le fluvial s'effondre : il a perdu près d'un tiers de son trafic. Autrement dit, la décarbonation du fret n'a pas commencé : les modes les moins émetteurs reculent pendant que le camion gagne du terrain.

Source : SDES, Chiffres clés des transports, édition 2026, fichier de données. Champ : France hors DROM. Données établies d'après le Bilan de la circulation, l'ART, l'ensemble des opérateurs ferroviaires, Île-de-France Mobilités-Omnil, l'enquête annuelle sur les transports collectifs urbains, l'UTPF, la DGAC, Eurostat et VNF. Les valeurs 2024 des transports collectifs urbains sont des estimations SDES. Population utilisée pour le calcul par habitant : 66,1 millions d'habitants en France métropolitaine au 1ᵉʳ janvier 2024 (Insee, bilan démographique). L'estimation des vols internationaux s'appuie sur les chiffres clés de la DGAC (300,8 milliards de passagers-kilomètres et 23,4 MtCO₂ en 2019, dont 2,1 Mt pour l'intérieur métropolitain et 18,5 Mt pour l'international) et sur l'Enquête nationale auprès des passagers aériens (62 % de passagers résidant en France).

Sources de la partie « Qui prend vraiment l'avion ? » : le fichier de données du SDES ne contient aucune ventilation par revenu, ces chiffres viennent donc d'autres enquêtes. Réseau Action Climat, « Comment réduire le trafic aérien de manière juste et efficace ? » (2024) pour la répartition des passagers par quintile de revenus et par catégorie socioprofessionnelle, d'après l'Enquête mobilité des personnes 2018 du ministère de la Transition écologique, ainsi que pour le chiffre d'un Français sur trois qui prend l'avion chaque année. Sondage Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès (juin 2022) pour la fréquence déclarée des voyages en avion ; l'enquête FNAM-UAF réalisée par l'Ifop auprès de 4 000 personnes (2025) aboutit au même ordre de grandeur, avec 33 % de Français prenant l'avion au moins une fois par an. Forum Vies Mobiles / OpinionWay (2026) pour la concentration des vols et des distances.