🌍 Déclic Climatique
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🎯 L'urgence climatique : que faire ?

Comment j'essaie de maximiser mon impact, dans l'ordre

C'est la question qui revient toujours : par quoi je commence ? Ma réponse tient en une idée : il y a un ordre. On ne commence pas par convaincre le monde, on commence par soi, parce que c'est le seul levier sur lequel on a un pouvoir immédiat et total. Et surtout, chaque étape débloque la suivante.

1. Réduire sa propre empreinte carbone

C'est le point de départ, et ce n'est pas négociable : difficile de demander aux autres ce qu'on ne fait pas soi-même. La bonne nouvelle, c'est que l'essentiel se joue sur quatre postes, pas sur cinquante petits gestes.

  • ✈️ Réduire l'avion. Le poste le plus concentré : un seul long-courrier pèse environ 2 tonnes de CO₂e. Je m'impose un vol long-courrier tous les quatre ans maximum.
  • 🥩 Réduire la viande, surtout le bœuf. Ce n'est pas devenir végétarien du jour au lendemain, c'est baisser la fréquence.
  • 📦 Acheter moins de neuf. L'occasion, la réparation, l'emprunt : le produit le plus bas carbone reste celui qu'on ne fabrique pas.
  • 🌡️ Baisser le chauffage. Baisser la consigne d'un seul degré, c'est environ 7 % de consommation de chauffage en moins. Et pour ne rien perdre en confort, la couverture chauffante électrique est imbattable : quelques dizaines de watts pour vous chauffer vous, contre 1 000 à 2 000 W pour chauffer toute la pièce. C'est le principe même de l'écoyolo : chauffer la personne, pas le volume.

Le tout est de viser 3 à 4 tonnes de CO₂e par an sans souffrir, au lieu des 10 tonnes du Français moyen. Pour savoir où porter l'effort en priorité, tout est dans les ordres de grandeur du CO₂.

2. Entraîner ses proches, sans faire la leçon

C'est l'étape qu'on sous-estime le plus. En changeant votre mode de vie, vous ne réduisez pas seulement vos propres tonnes : vous agissez sur le cercle de personnes sur lesquelles vous avez un vrai pouvoir d'influence, famille, amis, collègues.

À force de vous voir faire, sans culpabilisation et sans sermon, ils mangeront un peu moins de viande, prendront un peu moins l'avion, garderont leur téléphone un an de plus. L'exemple est beaucoup plus contagieux que le discours. On plante des graines autour de soi : elles ne germent pas toutes, elles ne germent pas tout de suite, mais certaines germent. C'est exactement pour ça que je fais cette chaîne.

3. Voter, et voter en connaissance de cause

Une fois qu'on a adopté un mode de vie écoyolo, il reste un levier bien plus puissant que notre consommation personnelle : le bulletin de vote. Le président, le gouvernement qui en découle, les députés de l'Assemblée nationale et les députés européens sont tous élus démocratiquement. Chaque voix compte, et beaucoup de scrutins environnementaux se jouent à quelques dizaines de voix.

Encore faut-il savoir qui fait quoi une fois élu. C'est pour cela que j'ai compilé les scrutins publics de l'Assemblée sur les énergies fossiles, les pesticides, les forêts et l'adaptation au réchauffement : qui vote quoi sur l'écologie. Les professions de foi sont des promesses ; les votes sont des faits.

Faire sa part, cela commence donc par son empreinte carbone, et cela continue par son pouvoir législatif d'électeur. Les deux sont entre vos mains, et aucun des deux ne dispense de l'autre.

4. Laisser la réglementation faire le gros du travail

Les élus, une fois en place, écrivent les règles du jeu. C'est là que le changement passe à l'échelle, parce qu'une réglementation s'applique à tout le monde en même temps, y compris à ceux que le sujet n'intéresse pas.

L'exemple le plus parlant : l'interdiction progressive de louer les passoires énergétiques. Les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034. Aucun discours n'aurait rénové autant de logements que cette seule ligne de loi. Pour comprendre ce que veut dire une étiquette, voir ma page sur le DPE.

Et les entreprises, dans tout ça ? Elles sont prises en tenaille, dans le bon sens : d'un côté elles suivent la demande, c'est-à-dire nos achats de particuliers ; de l'autre elles sont contraintes par les réglementations que nos élus votent. Nous tenons donc les deux bouts, comme consommateurs et comme électeurs.

Prenons TotalEnergies, la cible favorite des manifestations. Le jour où plus aucun logement n'est chauffé au gaz et où plus personne ne roule à l'essence ou au diesel, Total devra réduire sa production, tout simplement faute de clients. Une entreprise ne vend pas ce que personne n'achète. L'offre suit la demande. Et la réciproque est vraie aussi, malheureusement : tant que nous remplissons nos réservoirs et nos chaudières, il y aura quelqu'un pour extraire le pétrole et le gaz correspondants. Le producteur n'est que le miroir de nos usages.

🔗 La chaîne complète, en une ligne

Moi → mes proches → mon vote → les élus → la réglementation → les entreprises → tout le monde

Chaque maillon est petit pris isolément, et c'est ce qui décourage. Mais ils se multiplient entre eux au lieu de s'additionner : c'est parce que j'ai changé mon mode de vie que mon entourage bouge, c'est parce que des millions de gens bougent qu'un vote écologiste devient crédible, et c'est parce que ce vote existe que les lois qui contraignent tout le monde deviennent possibles. Commencer par le premier maillon, ce n'est pas se contenter du plus petit : c'est la seule façon d'atteindre les autres.